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23 avril 2008
Des médicaments au rayon « petits pois » ?
Cette décision appelle deux remarques :
Est-ce à un groupement de distribution d’imposer au gouvernement par une volonté de passage en force une vision purement mercantile du système de santé français ?
Le sujet est bien trop complexe pour faire l’économie d’un débat public avec tous les acteurs concernés : professionnels de santé, laboratoires, pharmaciens, et sécurité sociale. La vision simpliste d’un rabais sur les médicaments de « marques », rendu possible par un modèle économique basé sur la compression des frais de personnel, et qui contribuerait à la sauvegarde du pouvoir d’achat des français ne saurait faire l’objet d’un blanc-seing accordé par le gouvernement.
Notre responsabilité - en tant qu’adhérents du Mouvement Démocrate - est d’être particulièrement vigilants sur les sujets de santé publique qui concernent la vie quotidienne de millions de français.
La deuxième remarque concerne le fait que les groupes de la grande distribution se placent désormais dans une concurrence effrénée dans la recherche de nouveaux marchés plus rémunérateurs ainsi que dans une course aux ouvertures. Cette course est rendue nécessaire par les tensions actuelles sur les marchés alimentaires mondiaux faisant craindre aux grands distributeurs une contraction de leurs marges.
Verrons-nous les effets de cette course dans les années futures à Issy-les-Moulineaux dans le cadre d’un projet de grande surface ?
Didier Frutieaux
09:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médicament, santé, distribution







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Commentaires
Mon cher Didier,
Certes il serait imprudent de laisser le marché des médicaments non remboursés à la seule grande distribution. Néanmoins, aujourd’hui, ce marché n’appartient-il pas aux seuls laboratoires pharmaceutiques qui, de ce fait, font la pluie et le beau temps sur les prix de ces mêmes médicaments ?
Les pharmaciens n’ont-ils pas des comportements purement mercantiles lorsqu’ils acceptent des remises ou autres avantages commerciaux des filiales génériques des laboratoires pharmaceutiques, à condition bien sûr que ceux-ci ne soient pas frappé par le « tarif forfaitaire de responsabilité » mis en place en 2003 mais limite leurs marges et les incite à proposer les princeps ?
Est-il immédiatement condamnable d’imaginer que la grande distribution puisse influer sur le prix de certains médicaments en étant un acteur supplémentaire dans l’offre et la concurrence ? Edouard Leclerc le disait hier matin sur RTL : il était tout à fait disposé à créer dans ses magasins les conditions de ventes et de conseils, pour ces médicaments non remboursés, similaires à celles d’une pharmacie.
Aujourd’hui on ne trouve rien à redire si l’on trouve des boulangers, des bouchers, des poissonniers, des esthéticiennes ou des garagistes dans la grande distribution. Pourquoi pas des pharmaciens ?
L’intérêt du particulier est certainement là où la libre concurrence, encadrée et contrôlée, peut pleinement s’exprimer. C’est à nous, citoyens et démocrates, de veiller aux conditions d’exercice de cette libre concurrence. Vigilants certainement mais pas obligatoirement opposants.
Bien amicalement
Pierre-Laurence PERDRIAT
Ecrit par : PLP | 23 avril 2008
Pierre-Laurence,
Je ne crois pas qu'il faille considérer le médicament comme un produit de consommation parmi tant d'autres, et en bien des circonstances dans la délivrance du médicament le pharmacien reste un garde-fou.
Ecrit par : Fabienne Gambiez | 23 avril 2008
Cher Pierre-Laurence,
Merci pour cette contribution nourrie au débat. Concernant l'argument "pouvoir d"achat" mis en avant par M.E Leclerc, il existe la possibilité pour les affections les plus bégnines des français de demander aujourd'hui des médicaments génériques à ton pharmacien. Or ce marché n'interesse pas Leclerc car pas assez "rémunérateur". Il veut vendre des médicaments de marque sur lesquel il pourra appliquer une marge commerciale conséquente. Ce que je conteste dans sa démarche est le fait que sous couvert de participer à un débat citoyen sur le système de santé et le pouvoir d'achat, je pense que ses motivations sont uniquement commerciales.
Amicalement,
Didier
Ecrit par : Didier Frutieaux | 23 avril 2008
Les motivations d'un industriel sont commerciales et je pense cela respectable. Pour avoir vécu l'ouverture du premier centre Leclerc à Brest (et oui j'étais tout jeune ;-) les arguments des commerçants en place étaient les mêmes que ceux des pharmaciens actuellement. Il en a été de même avec les bijoux, l'essence, les disques etc ... que de discussions !
Je pense aussi qu'Edouard Leclerc était vraiment animé d'un idéal social et notre famille brestoise lui sait gré de lui avoir amélioré la vie ou tout au moins aménagé sa pauvreté (le pouvoir politique se pensait déjà impuissant en économie).
Je pense que Michel Edouard leclerc (le fils) a pris le relais sur ce terrain du social où il pense bien sûr pouvoir aussi se développer commercialement, mais où est le mal ?
Suite au rapport Attali, j'ai été très surpris de voir que la discussion sur les pharmacies a été cloturée immédiatement alors que celle sur les chauffeurs de taxi a necessité quelques manifestations et un début d'épreuve de force. Y-aurait-il un lien avec le fait que Mme la ministre de la santé est aussi docteur en pharmacie ... ?
A suivre donc ... et avec bienveillance de ma part, vous l'aurez compris ;-)
Ecrit par : Bernard | 06 mai 2008
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