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12 juillet 2008

De Gaulle, la troisième voie et le MoDem

F. Bayrou-AFP.jpgDans une interview au Figaro, reprise par une dépêche AFP, François Bayrou explique qu'il souhaite nouer "des alliances larges" face à la majorité sarkozyste, en citant les socialistes mais aussi les "gaullistes".

C'est cette dernière citation, qui m'a interpellé : "Je pense aussi aux gaullistes. Ils vont vivre le choc du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan et le renoncement à ce qui faisait symboliquement l'originalité de la France dans le monde".

Ce n'est pas la première fois que le Président du Mouvement Démocrate, fait appel aux "gaullistes". Je l'avais déjà remarqué lors de son discours de clôture du congrès fondateur de Villepinte.

De Gaulle - discours.jpgQui sont donc ces "gaullistes", qu'est ce que c'est qu'être "gaulliste". Pour moi, c'est la référence au général de Gaulle, et je préfère le terme "gaullien". C'est un attachement à des valeurs intangibles : cette "certaine idée de la France ", sa grandeur, le sens de l'honneur et de l'indépendance, l'esprit de résistance ; mais aussi à des valeurs sociales, l'association capital-travail, et surtout le refus des systèmes, qu'ils soient de droite avec les puissances de l'argent, ou de gauche avec des options politico-économiques dépassées. C'est aussi le refus de l'alignement sur les blocs géopolitiques comme les Etats-Unis, l'URSS ayant depuis disparu du paysage. Mais c'est avant tout une posture pragmatique, en prise avec son époque, "les circonstances", et une vision, un projet, cette fameuse "troisième voie" à construire, et qui propose une alternative aux systèmes politiques binaires, et cette volonté de rassembler au-delà des partis.

J'ai vécu suffisamment longtemps pour connaître l'époque du général de Gaulle. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la politique, j'étais jeune lycéen plutôt de gauche, c'était mai 68 et je souhaitais le départ du général. En fait c'est Georges Pompidou qui saura gérer la crise, le général reprendra la main mais démissionnera un an plus tard. Et c'est au décès de Pompidou, sentant qu'une page va se tourner que je déciderai de mieux comprendre le "gaullisme". En lisant les "Mémoires de guerre" de de Gaulle, je découvre cet officier rebelle (comme l'appellera Jean Lacouture dans sa biographie), je partage ses valeurs, sa vision et ses projets qu'il poursuit dans ses "Mémoires d'espoir". Je suis devenu "gaulliste" au sens premier du terme, mais en conservant moi aussi mon indépendance, et sans me reconnaître dans un parti politique comme l'UDR puis ensuite le RPR.

Aujourd'hui, ces valeurs, cette vision, et ses projets, le seul parti politique capable de les porter, c'est le Mouvement Démocrate. C'est au MoDem de reprendre la construction de cette troisième voie. Et le successeur du général de Gaulle capable d'incarner cette vision politique c'est François Bayrou. Et ce n'est peut être pas un hasard, si dans certains de ses discours, il me semble retrouver, des tournures ou des expressions qu'il me semble avoir déjà lues ou entendues chez l'homme du 18 juin.

Laurent Boisseau

Cet article est une expression libre et personnelle et n'engage aucunement le Mouvement Démocrate ou sa section d'Issy-les-Moulineaux.

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Commentaires

Voila une citation de De Gaulle que j'aime beaucoup: "Je n'aime pas les communistes parce qu'ils sont communistes, je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne le sont pas et je n'aime pas les miens parce qu'ils aiment trop l'argent"

Ecrit par : philippe | 12 juillet 2008

@Philippe : merci pour votre commentaire, j'avais vu cette citation dans un encart/pub de Marianne pour le livre de Sébastien Lapaque "Il faut qu'il parte" avec en couverture la photo officielle actuelle où ne figuraient plus que la bibliothèque et les drapeaux...
J'avais trouvé le rapprochement excellent.

Ecrit par : Laurent Boisseau | 12 juillet 2008

Cher Laurent,

Comme c'est un article qui suscite mon intérêt, et de par sa qualité, je me permets de le publier sur France démocrate.

Amitié.

Ecrit par : OG | 12 juillet 2008

Merci OG, c'est super-sympa de ta part.
Amitiés

Ecrit par : Laurent Boisseau | 12 juillet 2008

Laurent,

Clarté, analyse, authenticité... !

Rien à ajouter (c'est du LB !)

@ +

Ecrit par : NB | 12 juillet 2008

Ayant toujours eu comme idéal "une certaine idée de la France", comme tu le rappeles si bien, Laurent, je ne peux que me me reconnaitre dans le Mouvement Démocrate, qui en effet, est aujourd'hui le seul parti politique à porter des valeurs "gaulliennes". Des "circonstances" historiques particulières ont porté De Gaulle au pouvoir en 1958, gageons pour notre pays, que cinquante années plus tard, "la chienlit" ne prenne pas le pas sur la société socialement plus juste qu'avait voulu le Général.

Ecrit par : Didier Frutieaux | 13 juillet 2008

Laurent, les gaulliens/gaullistes restent jacobins et opposés au modèle de construction européenne souhaité par le Modem. Ainsi, je vois mal comment des alliances pourraient être nouées. Aux présidentielles Dupont Aignan par exemple in fine a préféré soutenir Sarkozy plutôt que Bayrou.

Ecrit par : FG | 15 juillet 2008

Fabienne, les gaullistes sont par définition européens ; malheureusement, ils n'en restent plus beaucoup et quelques-un dont Nicolas Dupont-Aignan (NDA) sont avant tout des souverainistes avant d'être des anti-européens. NDA n'a pas "le monopole" du gaullisme (voix VGE) ;-)

Etre gaulliste et pro-européen vont de pair pour ma part ; François Bayrou en est aujourd'hui l'exemple puisqu'il refuse le retour de la France dans l'OTAN ; en fait, le gaullisme survit aujourd'hui par le prisme des affaires européennes et étrangères ; d'un point de vue des affaires internes à la France, les vertus gaullistes sont pour ainsi dire mortes.

Ecrit par : OG | 15 juillet 2008

En fait nous sommes plus proches des chiraqiens que des gaullistes pur jus, mais pour FB il est sans doute délicat d'en appeler ouvertement aux Chiraquiens. Il vaut mieux parler de gaullistes dont la défintion aujourd'hui est plus que floue. Qui représente le courant gaulliste : Philippe Seguin, Jean-Louis Debré, Dominique de Villepin ????

Ecrit par : FG | 16 juillet 2008

Fabienne,
Comme je l'écrivais sur France Démocrate en réponse à un commentaire, personne, ni aucun mouvement politique, n’est propriétaire du "gaullisme".
Pour certains, c'est continuer à se référer aux actions du général, à ne rien vouloir toucher aux institutions, dans une admiration confite un peu comme face à une idole ; alors que les "circontances" ont changé.
Pour d’autres, dont je fais partie - et c’est pour cela que je préfère l'adjectif "gaullien" - c’est avant tout une posture pragmatique, en prise avec son époque. Je ne pense pas que le général de Gaulle voulait que les institutions de la Ve république fussent éternelles et gravées dans le marbre. Le général savait s’adapter aux circonstances et il l’a souvent montré.
En ce sens la démarche de François Bayrou de vouloir refonder de nouvelles institutions, en prise avec nos problématiques du 21e siècle, tout en s’appuyant sur un rassemblement qui dépasse les clivages des partis est une démarche qui s’apparente à celle de de Gaulle en 58.

Ecrit par : Laurent Boisseau | 16 juillet 2008

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