Mais en Angleterre, où, depuis 2008, des adolescents de 16 à 18 ans sont payés entre 11 et 33 euros par semaine pour aller en cours, ce type de mesures semble marcher…
C’est exactement la société dont je ne veux pas. Là-bas, l’école est payante et très chère. L’idée qu’il faudrait entrer dans un système de "marchandisation" de l’école est mauvaise. Payer pour aller à l’école ou se faire payer pour aller à l’école, c’est la même chose. Il faut se battre pour arracher l’école au monde de l’argent. Mais l’absentéisme a touché, l’an dernier, 438000 élèves en France. Comment leur donner envie de suivre les cours? C’est effectivement un chiffre inacceptable. Mais pour les ramener à l’école, il faut de l’autorité et des établissements différents. Quand j’étais ministre de l’Education nationale, j’avais créé des collèges "hors les murs" qui proposaient une formation moins académique et plus d’apprentissage. On y responsabilisait les adolescents, mais sûrement pas par le portemonnaie.
N’est-ce pas déjà trop tard?
Je me bats pour que la société ne soit pas asservie à l’argent, spécialement à l ’école. Nous sommes entrés dans un modèle de société où l’argent est considéré comme maître et seigneur. C’est comme si, au sein d’une famille, un parent disait à son enfant: "je te donnerai de l’argent si tu acceptes de venir manger à table ou de prendre une douche". Ils sont devenus fous!
N’est-ce pas la conséquence des précédentes politique d’éducation?
Ce n’est pas vrai. Il y a quinze ans, l’école n’était pas dans cet état. Quand j’étais ministre de l’Education, 15% des enseignants disaient vouloir changer de métier ; aujourd’hui, ils sont 65 %. Je ne dis pas que c’était grâce à moi, mais les choses se sont vraiment dégradées. Je ne jette la pierre à personne, c’est difficile de diriger l’Education nationale.
Nicolas Sarkozy entend "mener une guerre sans merci contre les décrocheurs…"
Il faut livrer la bataille contre l’abandon des jeunes du système scolaire mais je ne suis pas sûr
qu’il faille utiliser des termes aussi violents. Depuis des années, on passe son temps à tenir des discours va-t-en-guerre et en même temps tout s’aggrave dans les prisons, les banlieues, l’école.
Cela vous étonne-t-il que Martin Hirsch, haut-commissaireà la Jeunesse, cautionne ces mesures?
De ce gouvernement-là, rien ne m’étonne. Avec eux, la France est entrée dans le cercle des pays
qui considèrent que l’argent est la valeur prédominante. J’imaginais que Martin Hirsch ne serait
pas partie prenante de ce système. Cela prouve que c’est tout le gouvernement qui va dans ce sens.
Est-ce pour vous une mesure symbolique du sarkozysme?
Je ne vois pas par quel chemin un responsable de la République française peut en arriver
à ce genre de réflexion. Ce sont des raisonnements courants dans la société britannique ou
américaine, mais le principe est inacceptable en France. Tousles jours, l’école est contaminée par l’argent: ainsi les leçons particulières se généralisent, elles sont même déductibles des impôts, et rares sont les étudiants qui, aujourd’hui, réussissent le concours de médecine sans avoir recours à des "écuries d’entraînement". Il y a un moment où notre pays doit choisir son cap.








Les 16 et 17 octobre prochain se dérouleront les élections des représentants des parents d'élèves
Favoriser l'accès aux grandes écoles à des jeunes issus de milieux modestes, en les accompagnant tout au long de leurs études supérieures, c'est l'ambition de certaines démarches de tutorat qui se développent actuellement. C'est aussi favoriser la promotion sociale, améliorer l'égalité des chances, promouvoir la diversité et développer des formes de solidarité intergénérationnelles.
François Bayrou, répondait ce matin au JDD sur le dispositif visant à récompenser les élèves pour leur sérieux et leur assiduité.
L’école, lieu de formation au civisme, constitue une première expérience de vie en société au cours de laquelle les enfants vont pouvoir apprendre et mettre en pratique la solidarité. L’éducation à la solidarité suppose l’apprentissage de nombreux savoirs-être et la formation aux comportements civiques recouvre une dimension plus active où chaque élève doit non seulement comprendre mais aussi s’approprier les fondements d’une société démocratique.
L’éducation doit donc contribuer activement à l’apprentissage de la solidarité, qui va pouvoir recouvrir plusieurs domaines d’action. L’éducation vise à accompagner les jeunes dans leur vie de citoyen : partage des droits et des devoirs, sens des responsabilités individuelles et collectives, exercice de la solidarité… L’éducation à la citoyenneté, à la solidarité locale, au développement durable, à l’éco-citoyenneté, et aux droits de l’homme est un apprentissage de pratiques et de comportements pour agir et vivre ensemble au quotidien.

Lundi 28 septembre, le Forum de l'éducation 2009 sera ouvert!