09 novembre 2009
La fin d’un monde…
« Wir sind das Volk ! » Nous sommes le peuple. Il y a vingt ans ce cri retentissait en Allemagne de l'Est parmi les milliers de manifestants de Leipzig, appelant à la légitimité du peuple contre un pouvoir qui allait s'écrouler quelques jours plus tard avec la chute du mur.
20 ans après, nous avons oublié que cette marée humaine, qui s'élevait contre l'un des pires régimes policier du XXème siècle, a vu sa genèse dans les églises et les temples de la RDA, seuls lieux où les rassemblements étaient tolérés.
A quoi appelaient les pasteurs ? Bien sûr à une reconnaissance démocratique dont le peuple Est-Allemand était privé, mais aussi à une société humaniste dont le rapport à la consommation serait empreint de frugalité conformément aux préceptes de Luther.
Le monde communiste vivait ses derniers soubresauts, un pays entier allait être entraîné à marche forcée dans le giron bienveillant de l'Allemagne fédérale et découvrir ainsi le monde capitaliste, sa capacité à créer de la richesse mais aussi de formidables inégalités.
20 ans après, le modèle capitaliste a vu lui aussi son mur tomber. En effet, la frontière entre économie financière et économie réelle a elle aussi cédé. La déferlante d'actifs dits « toxiques » a contaminé les économies européennes. A la grande crise de l'année dernière pourrait succéder d'autres convulsions dont la portée sur l'avenir du système capitaliste n'est pas aujourd'hui mesurée.
Dans l'histoire, les peuples ne sont jamais restés passifs face à de tels enjeux. L'absence de réponse des dirigeants du monde face aux appels à plus de justice et de régulation des peuples peuvent engendrer de nouvelles révolutions de velours ou des révolutions tout court.
A Issy-les-Moulineaux, nous sommes jumelés depuis plus de 50 ans avec Weiden, charmante cité allemande du Haut-Palatinat, située à 25 Km de l'ancien rideau de fer.
Pourtant, face à l'évènement majeur du XXème siècle qu'est la chute du mur, aucune manifestation, aucune commémoration, aucun débat n'est organisé. Encore une occasion manquée. « Schade ». Dommage !
Didier FRUTIEAUX
22:50 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, berlin, chute du mur
29 mars 2009
Vers un humanisme dirigé

J'avais écrit en juin dernier un article appelant à la construction d'un nouveau "contrat social" contribuant au développement du "modèle européen".
Les tables rondes organisées par le Mouvement Démocrate lors de sa première Convention thématique européenne sur le thème "La France et l'Europe face à la crise" ont donné une vision beaucoup plus globale de la situation, maintenant que la crise financière et la récession économique se sont installées.
Nous vivons effectivement la fin d'un monde. Dans le domaine de l'économie, et plus précisément dans celui des grandes entreprises, il y a quelques années s'établissait une relation relativement équilibrée entre d'un côté, les capitaines d'industrie - véritables propriétaires de leurs entreprises - qui prenaient des risques patrimoniaux sur le moyen-long terme et se rémunéraient sur les bénéfices variables ; tandis que de l'autre les employés travaillaient en échange d'un salaire fixe. Les premiers ont depuis été remplacés par les "nouveaux managers" appointés par des actionnaires qui ne se comportent plus comme de véritables propriétaires. Leurs objectifs sont principalement financiers et court-terme : augmenter les dividendes pour satisfaire les actionnaires avec des taux de rentabilité inégalés et valoriser l'action le plus possible pour en bénéficier lors de la vente des "stock-options" ; des "bonus de bienvenue" ainsi que des "parachutes dorés" viennent compléter leur rémunération. Les seconds ont vus leurs contrats de travail se précariser, ce sont eux qui supportent désormais l'ensemble des aléa de la gestion de l'entreprise. Le système est totalement déséquilibré, le contrat social n'existe plus.
Parallèlement à cela, Robert Rochefort du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) et tête de liste MoDem pour les européennes dans le Sud-Ouest avait donné une interview très pertinente sur le thème de "l'hyper-consommation c'est fini" dans le magazine "Challenges" fin-février dernier.
Il y brossait l'évolution sociologique de nos modes de consommation, ce qui préfigure l'avènement d'une nouvelle société de consommation plus qualitative que quantitative.
Cette évolution sera favorisée sans doute par la prise de conscience de plus en plus croissante du développement durable, ainsi que par la crise économique qui marquera, espérons le, la fin des bulles virtuelles et le retour à une économie de biens plus réels.
Le développement d'une économie "verte" recèle de nombreux potentiels et devrait permettre une véritable mise en œuvre du développement durable.
Cette mutation profonde de la société du 21e siècle devra donc s'accompagner de nombreux dispositifs, notamment dans le domaine de l'emploi et la formation, afin de favoriser cette reconversion économique.
Il ne s'agit donc plus de moraliser les anciens modèles qui ont dépassé leurs limites. Ni refonder le capitalisme ou le socialisme, mais développer un projet de société humaniste pour la France et l'Europe.
Le projet politique du MoDem fondé sur la social-économie, l'humanisme et le développement durable est particulièrement bien adapté à cette nouvelle donne.
La crise que nous vivons a revalorisé l'appel à l'intervention de l'état, tant décrié il y a encore peu. A l'instar du concept d'Economie dirigée qui s'était développé suite à la crise de 1929, les années qui viennent devraient appeler l'évolution vers un "Humanisme dirigé".
Laurent Boisseau
18:35 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humanisme, économie, emploi, projet, modem
20 novembre 2008
Le sens du silence
Lors d’une séance à l’Assemblée Nationale, certains députés ont observé une minute de silence suite aux évènements tragiques générés par feu leur collègue Demange. député de la Moselle. La minute de silence officielle véhicule une telle portée symbolique qu’en la circonstance cette attitude est plus maladroite et inadaptée que véritablement scandaleuse. Elle est en général pratiquée pour honorer la mémoire d’un défunt ayant accompli au cours de son existence des actions fécondes entrées dans la mémoire collective. Bien entendu, nous ne sommes pas ici dans un tel cas et c’est pour cela que la minute de silence du Palais Bourbon a un parfum de scandale. Mais il n’est pas pour autant inutile de s’arrêter un instant sur ce triste fait divers avec compassion et un véritable esprit critique.
Il est trop facile de clouer au pilori le député Demange avec un dégoût affiché en pensant qu’il déshonore la République. Son attitude est avant tout celle d’un homme en grande dépression ayant basculé dans le déraisonnable et l’irréparable. Il ne s’agit pas de lui trouver des excuses mais d’essayer de saisir comment a-t-il pu en arriver à une telle horreur. En faire un renégat serait un alibi pour se donner bonne conscience et contribuerait à salir inutilement sa mémoire. Il ne faudrait pas oublier non plus que la pratique de la politique véhicule avec elle une telle violence que certains en arrivent à commettre des actes extrêmes. A titre d’exemple, le suicide de Pierre Bérégovoy est encore dans toutes les mémoires.
De plus, afin d’éviter de croire que de telles extrémités sont rares, il serait bon de ne pas céder à la mode ambiante de l’amnésie en oubliant le climat des élections internes dans les partis politiques. Certains articles sur des blogs ou dans la presse et certains propos lors de réunions électorales sont révélateurs. Dans tous ces cas, les mots ont remplacé le revolver mais le but était de tuer l’autre politiquement. Quand les journalistes considèrent par ailleurs un ancien élu battu à une élection comme mort politiquement, la violence du registre est la même, à la fois inadaptée et mortifère. Pour le député Demange, la perte de la mairie de Thionville est sans doute apparue comme le début de son agonie politique. Le fait que sa compagne était sur le point de le quitter a peut-être été le début de son agonie affective. La concomitance de ces deux agonies symboliques a probablement été pour lui insupportable au sens originel du terme, d’où son basculement dans un cycle d’horreur.
J’ai connu par le passé une période de chômage assortie d’une déception affective. Cela n’a pas fait de moi un assassin mais cela a généré en moi une agressivité et des envies de violence dont je ne suis pas coutumier. Heureusement à l’époque, des proches et des amis m’ont aidé à canaliser cette violence pour en revenir à de bonnes dispositions intérieures. Mais qui peut décemment prétendre que la perte d’un travail assortie du départ de son conjoint le laisserait sans réaction violente ? Voila pourquoi il ne s’agit pas d’excuser, ni d’expliquer ni de condamner mais d’essayer de prévenir. La pratique actuelle de la politique véhicule une telle violence qu’il ne faille pas s’étonner que des situations aiguës débouchent sur des drames.
La question de fond est celle des valeurs qui sous-tendent notre société. Tant que le pouvoir, l’argent et le sexe seront considérés comme les seules valeurs de référence, des hommes et des femmes continueront de mourir ou de tuer pour elles. Dans un tel climat moralement délétère, la politique n’est plus une réflexion sur l’organisation de la vie de la cité mais devient une lutte sans merci pour prendre ou conserver des places avec tous les dégâts collatéraux imaginables ou impensables comme l’attitude récente du député Demange.
Mais si, comme le pensent les humanistes, l’homme doit être au centre de tout projet politique, les valeurs de référence de la société sont celles de l’être et non plus celles de l’avoir. Dans cette mouvance, le pouvoir, la richesse et la puissance sexuelle ne sont plus vitaux et donc plus mortifères. La seule valeur qui soit vitale est par essence la vie humaine. L’oubli de cette réalité de bon sens nous emmène souvent sur des chemins mortifères. Comme disait le prophète à travers son fameux « choisis donc la vie ! », la conduite de nos existences passe par des décisions devant s’appuyer sur des valeurs qui fondent la grandeur de l’homme au lieu de l’avilir.
Lorsque la mort donnée ou voulue pour soi-même devient la seule issue apparente, il est sain de s’interroger sur le fonctionnement du système. L’attitude désespérée et désespérante du député Demange est un signal d’alarme et un cri de détresse qui devrait contribuer à refonder l’éthique en politique Dans cette mouvance, le MODEM, auquel j’appartiens, serait bien inspiré de s’inquiéter de l’application et du devenir de sa charte éthique qu’un bon nombre de ses membres considère comme une marque de fabrique.
Le cas de feu le député Demange ne justifiait pas une minute de silence au Palais Bourbon mais il nécessite un temps d’arrêt nécessaire à une saine réflexion éthique sur le fonctionnement de la société en général et sur nos pratiques politiques en particulier. Et bien souvent, ne serait ce que pour se recueillir ou créer les conditions favorables à un sain discernement, les temps d’arrêt peuvent débuter par des temps de silence qui n’ont surtout pas besoin d’être officiels.
En politique aussi, il est bon de retrouver le sens du silence.
Etienne Beranger
Conseiller départemental
14:20 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : silence, député
12 juillet 2008
De Gaulle, la troisième voie et le MoDem
Dans une interview au Figaro, reprise par une dépêche AFP, François Bayrou explique qu'il souhaite nouer "des alliances larges" face à la majorité sarkozyste, en citant les socialistes mais aussi les "gaullistes".
C'est cette dernière citation, qui m'a interpellé : "Je pense aussi aux gaullistes. Ils vont vivre le choc du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan et le renoncement à ce qui faisait symboliquement l'originalité de la France dans le monde".
Ce n'est pas la première fois que le Président du Mouvement Démocrate, fait appel aux "gaullistes". Je l'avais déjà remarqué lors de son discours de clôture du congrès fondateur de Villepinte.
Qui sont donc ces "gaullistes", qu'est ce que c'est qu'être "gaulliste". Pour moi, c'est la référence au général de Gaulle, et je préfère le terme "gaullien". C'est un attachement à des valeurs intangibles : cette "certaine idée de la France ", sa grandeur, le sens de l'honneur et de l'indépendance, l'esprit de résistance ; mais aussi à des valeurs sociales, l'association capital-travail, et surtout le refus des systèmes, qu'ils soient de droite avec les puissances de l'argent, ou de gauche avec des options politico-économiques dépassées. C'est aussi le refus de l'alignement sur les blocs géopolitiques comme les Etats-Unis, l'URSS ayant depuis disparu du paysage. Mais c'est avant tout une posture pragmatique, en prise avec son époque, "les circonstances", et une vision, un projet, cette fameuse "troisième voie" à construire, et qui propose une alternative aux systèmes politiques binaires, et cette volonté de rassembler au-delà des partis.
J'ai vécu suffisamment longtemps pour connaître l'époque du général de Gaulle. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la politique, j'étais jeune lycéen plutôt de gauche, c'était mai 68 et je souhaitais le départ du général. En fait c'est Georges Pompidou qui saura gérer la crise, le général reprendra la main mais démissionnera un an plus tard. Et c'est au décès de Pompidou, sentant qu'une page va se tourner que je déciderai de mieux comprendre le "gaullisme". En lisant les "Mémoires de guerre" de de Gaulle, je découvre cet officier rebelle (comme l'appellera Jean Lacouture dans sa biographie), je partage ses valeurs, sa vision et ses projets qu'il poursuit dans ses "Mémoires d'espoir". Je suis devenu "gaulliste" au sens premier du terme, mais en conservant moi aussi mon indépendance, et sans me reconnaître dans un parti politique comme l'UDR puis ensuite le RPR.
Aujourd'hui, ces valeurs, cette vision, et ses projets, le seul parti politique capable de les porter, c'est le Mouvement Démocrate. C'est au MoDem de reprendre la construction de cette troisième voie. Et le successeur du général de Gaulle capable d'incarner cette vision politique c'est François Bayrou. Et ce n'est peut être pas un hasard, si dans certains de ses discours, il me semble retrouver, des tournures ou des expressions qu'il me semble avoir déjà lues ou entendues chez l'homme du 18 juin.
Laurent Boisseau
Cet article est une expression libre et personnelle et n'engage aucunement le Mouvement Démocrate ou sa section d'Issy-les-Moulineaux.
14:03 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : de gaulle, modem, bayrou
29 avril 2008
Vous avez dit "Droits de l'Homme" ?

Les associations de défense des Droits de l’Homme tunisiennes attendaient beaucoup de la visite d’un Président français.
Elles espéraient que des signes clairs seraient adressés au Chef de l’état tunisien pour permettre la libération de prisonniers politiques. Eh bien non, ces signes ne sont venus ni de Nicolas Sarkozy, ni de Rama Yade !
Au plan international, est-ce dorénavant l’image que veut donner la France ? Le carnet de commandes remplace la démarche humaniste.
Mais pourquoi avoir créé un secrétariat d’état aux Droits de l’Homme ? Où est « la diplomatie des Droits de l’Homme » mise en avant pendant la campagne présidentielle par le candidat Sarkozy ?
Fabienne Gambiez
21:21 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme, tunisie, sarkozy
06 avril 2008
La consigne et la conscience
Lors de la dernière campagne présidentielle, les jeunes de l'UDF portaient et vendaient des tee-shirts où était inscrite la célèbre phrase de Victor Hugo "à la consigne, je préfère répondre à ma conscience". Cette maxime prophétique est devenue une année plus tard une des marques de fabrique du Mouvement Démocrate.
Tout citoyen peut aisément constater que la sphère politique française semble se nourrir de principes préétablis et apparemment admis par tous contre lesquels il ne serait pas envisageable de s'insurger. En la matière, la liste est longue et les exemples les plus usités sont connus. Chaque électeur serait nécessairement de droite ou de gauche et il s'ensuivrait un bipartisme prétendument constitutif de la vie politique nationale. Le Centre serait par essence une force d'appoint pour la droite et ne saurait être indépendant. La démarche du MODEM serait vouée à l'échec car elle récuse les deux concepts précédents en prétendant créer un Centre faisant fi des clivages partisans usuels. Cette liste non exhaustive symbolise une pensée unique et une dictature intellectuelle par le biais d'une juxtaposition de consignes qui n'ont rien de démocratiques mais qui servent les intérêts de leurs auteurs en ayant pour but d'anesthésier la conscience politique des citoyens et de transformer ces derniers en bons soldats ou en moutons de panurge.
Les consignes sévissent dans de nombreux secteurs de la société. Les consignes de sécurité ont pour finalité de favoriser dans les situations critiques des comportements salutaires qui ne sont pas forcément naturels lorsque la panique s'empare de personnes qui de ce fait, n'ont plus le temps ni les moyens réels de réaliser un discernement objectif. Au sein d'une armée, les consignes ont pour but de créer des automatismes comportementaux ayant comme dessein de garantir l'ordre, la rapidité et l'efficacité de l'action militaire. Dans les entreprises, les consignes pudiquement dénommées procédures s'attachent à décliner une culture d'entreprise à travers des guides pour l'action en situation. Dans tous les cas, et pour des raisons diverses, la consigne tend à se substituer à l'affect, à la réflexion et à la conscience pour devenir une habitude qui bride la liberté et par la même l’unique moteur de l'action.
Or, conformément aux quatre règles énoncées par le philosophe Max Weber, un discernement préalable à une décision n’est correctement mené que si les quatre grandes tendances qui poussent l’homme à agir (l’habitude, l’affect, la raison et la conscience) sont simultanément utilisées dans un dosage spécifique à chaque situation à construire à chaque occasion. La question fondamentale suggérée par les jeunes UDF est donc de savoir si en politique la conscience doit primer sur la consigne et si de ce fait, les valeurs qui construisent les convictions sont supérieures aux traditions qui induisent les consignes.
La réponse à cette interrogation légitime dépend de notre propre conception de la politique. Si la politique se réduit à l’art de conquérir et de conserver le pouvoir, la conscience s’effacera très rapidement devant les consignes dictées par l’ambition de ceux qui sont au pouvoir ou qui sont les plus aptes à le conquérir. Les dysfonctionnements régulièrement constatés dans la vie politique nationale sont des conséquences directes de cette conception malsaine de la politique. Dans cette mouvance, la majorité est toujours pour et l’opposition toujours contre au détriment de toute considération objective, le bipartisme fait force de loi et l’alternance est le seul changement possible car aucune alternative n’est envisageable.
A l’inverse, si la politique est, comme le veut sa définition originelle, une réflexion sur l’organisation de la vie de la cité, le pluralisme de la pensée doit être de mise car la contradiction a toujours été source de progrès. Le pluralisme de la pensée fait que le bipartisme se meurt et fait place à la pluralité de la représentation où l’alternative fait respirer la vie politique. De plus, une organisation féconde de la vie de la cité ne peut être basée que sur de fortes convictions construites sur des idées novatrices et des valeurs émergeant des consciences citoyennes. Et toute consigne apparaît alors comme un frein à ce processus démocratique. Les seules contraintes admissibles sont alors celles induites par la nécessité d’une organisation efficace à grande échelle.
Pour faire face à cette contradiction apparente entre les notions de liberté individuelle et de cohésion du groupe, le MODEM s’est doté, lors de son Congrès fondateur de décembre 2007 de statuts, d’une charte des valeurs et d’une charte éthique à travers une démarche inédite. Pour répondre de manière pertinente à l’éternelle et difficile question de la conciliation de l’unité et de la diversité, du juste équilibre entre la démocratie représentative et la démocratie participative, le MODEM a procédé à un discernement collectif amorcé par les instances et auquel les militants volontaires ont participé.
Les réflexions et les valeurs mises en avant par les militants ont construit les textes fondateurs du mouvement démocrate dont les instances ont rappelé les consignes nécessaires à un bon fonctionnement de l’ensemble. Ces textes définissant des valeurs communes, des principes de fonctionnement et des règles comportementales minimales ont été validés par une majorité significative. Cette démarche originale et innovante peu relayée par les médias fut pourtant un grand moment de démocratie interne prometteur pour une formation qui aspiré à restaurer une démocratie vivante en France.
La seule ombre au tableau reste une consigne discutable de François Bayrou. Au nom de l’unité, il a prôné pour une absence de courants dans le mouvement démocrate et a pour l’instant été suivi. Cette consigne pourrait générer une limitation abusive de la liberté militante et de la créativité démocrate. L’avenir me paraît plutôt être du côté d’une fédération de sensibilités organisées et solidaires basée sur une saine émulation dans le respect des textes fondateurs. Ces sensibilités organisées traduirait dans les faits la nécessité de la pluralité des expressions correspondant au pluralisme de la pensée. Grâce aux gardes–fous que constituent la charte éthique, la charte des valeur et la Commission de Contrôle et de Conciliation, ces sensibilités organisées se différencieraient de courants construits à des fin personnelles par des individus à forte personnalité qui débouchent toujours sur des affrontements fratricides. A partir du moment où des instruments pertinents ont été démocratiquement mis en place, il faut aller ensemble jusqu’au bout de la démarche faisant fi de toute crainte. Car la conscience collective sera toujours supérieure à la consigne d’un leader fut il incontesté.
Lors des récentes élections municipales, les alliances concrétisées par le MODEM se sont faites sur des programmes et donc sur des idées et des valeurs et pas sur des consignes applicables sur tout le territoire. Car en politique, la réflexion et la conscience sont supérieures à la consigne car la liberté est supérieure à l’habitude. Les médias ont incité le grand public à considérer comme illisible cette attitude. La révolution civique prônée par François Bayrou lors de l’élection présidentielle passe avant tout par une révolution culturelle qui n’en est qu’à ses prémices. Le passage d’un bipartisme insipide à un fonctionnement pluraliste ne se fera pas sans résistance et sera donc le fruit d’une grande opération pédagogique qui n’en est qu’à ses débuts et qui suscite encore quelques interrogations ou incompréhensions légitimes.
Convictions et conscience exigent des sacrifices. Le Nouveau Centre a préféré les sacrifier sur l’autel de la consigne sarkozyenne et des ambitions personnelles à court terme. Le MODEM continue, quant à lui, de mettre en avant les idées et les valeurs de ses militants malgré des premiers résultats électoraux difficiles. Ce juste combat courageux et risqué à court terme est celui de l’instauration d’une véritable démocratie en France. Cette instauration ne se fera pas par le biais de quelques consignes mais par l’éclosion et l’éducation d’une nouvelle conscience citoyenne centrée sur des idées et des valeurs et non plus sur des habitudes. Cette démarche est la raison d’être du MODEM. En rassemblant de nombreux nouveaux militants qui avaient jusqu’à présent déserté la politique, cette démarche novatrice a déjà commencé son chemin de liberté et de libération que rien n’arrêtera au fur et à mesure qu’un nombre sans cesse croissant de citoyens, faisant fi des insipides consignes ambiantes, aura conscience de son caractère fécond, inéluctable et nécessaire.
Etienne Béranger
Conseiller Municipal MODEM d’Issy-les-Moulineaux
17:37 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : consigne, conscience, liberté, démocratie, modem
24 janvier 2008
Pourquoi nous nous battons ?
Lors de ce début de campagne, nous avons rencontré des citoyens sur les marchés pour qui notre positionnement politique est encore obscur : « Etes vous de droite, êtes vous de gauche ? ». Nous avions tendance, ces derniers temps à éluder cette question, en recentrant le débat sur notre programme municipal dont les enjeux répondent aux préoccupations quotidiennes des Isséens.
Pourtant cette question est fondamentale, car sa réponse à elle seule justifie l’existence du Mouvement Démocrate. Nous devons donc pouvoir y répondre de manière claire et sans détour. Etre centriste aujourd’hui ne signifie pas ne pas avoir de convictions. Au contraire, celles-ci sont d’autant plus fortes que nous ne nous battons pas pour un parti, mais pour des idées, pour une vision nouvelle de la société !
Oui, nous nous battons pour une société, plus démocratique, plus juste, plus fraternelle, le Mouvement Démocrate incarne les valeurs de Résistance que sont « la Liberté, l’Egalité, la Fraternité ». Ces valeurs sont universelles, et elles ne peuvent donc se glisser dans le carcan d’un parti, fusse t’il de droite ou de gauche.
Nous refusons que nos enfants demain, vivent dans une société où le règne de l’argent roi, soit érigé en règle de vie universelle et où l’ultra-consommation transforme leur cadre de vie en un dépotoir sans âme.
St Exupéry, lors de ses longues traversées nocturnes au dessus du Sahara, sans doute inspiré par l’infini des dunes à perte de vue éclairées par la seule lumière des étoiles a écrit : « Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »
C’est le sens de notre combat pour un vrai développement durable.
Demain, je voudrais que mes enfants puissent eux aussi avoir la vision de la beauté de notre Terre et qu’ils puissent eux aussi transmettre cette notion du caractère quasi sacrée de notre planète aux enfants de leurs enfants.
C’est notre responsabilité, mais aussi notre combat dont le caractère universel transcende les clivages partisans habituels et stériles.
Et les enfants de mes enfants, se souviendront-ils que nous étions de droite ou de gauche ? J’espère qu’ils se souviendront que nous leur avons permis de voir le Sahara sous la nuit étoilée, comme l’avait vu St Exupéry sur son frêle biplan des années plus tôt.
Nous nous battons pour des valeurs et c’est ce qui nous distingue des autres partis. La victoire de notre camp, n’est pas une fin, c’est le moyen d’appliquer nos principes et nos valeurs à la société française. Ce n’est pas de la politique politicienne avec ses coups bas, ses alliances de circonstance et ses reniements, c’est une politique de civilisation !
Nous appelons donc les citoyens à se rassembler autour de ces valeurs.
Les adhérents du Mouvement Démocrate ont pu, au delà de leur famille politique d’origine se rassembler en une nouvelle entité et travailler ensemble sur l’élaboration d’un programme d’action municipal avec des propositions novatrices pour l’avenir de notre ville. Preuve que la diversité est une force car elle ne divise pas, elle enrichit.
Nous sommes donc un rassemblement d’idées, de valeurs et de convictions qui va au-delà des partis. Nos adversaires fort de leur suffisance, prédisent que cela ne peut pas marcher car selon eux, on n’a jamais vu un tel rassemblement fonctionner. Qu’ils sortent de leurs prés carrés et qu’ils regardent nos voisins européens, ça marche !
De plus, l’argument du caractère inédit d’un tel rassemblement ne tient pas. En effet dans notre histoire, un tel rassemblement autour de valeurs a déjà existé. Il a rassemblé des ouvriers et des intellectuels, des bourgeois et des hommes du peuple, des qui « croyaient au ciel », des « qui n’y croyaient pas ». Ce rassemblement s’appelait « France Libre » et outre le combat contre l’occupant, a été, grâce à sa pensée, à l’origine des plus grandes réformes économiques et sociales de la société française.
C’est notre histoire, et le combat pour les valeurs de résistance incarnées par «Liberté, Egalité, Fraternité » est donc permanent et toujours d’actualité.
Voilà pourquoi nous nous battons.
Didier Frutieaux
09:07 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30 décembre 2007
Message de Franck
Chers Amis, Bonjour !
Cela fait plusieurs semaines que j'essaye d'exprimer, en interne, un sentiment assez profond
Je pense qu'il est temps de faire mon auto critique -> je n'arrive pas à exprimer ce sentiment !
Je pense que la mise en place d'un mouvement politique doit se faire en commencant par le contenu.
Et si "théoriquement", j'ai reçu beaucoup de soutien de votre part, en "pratique", il n'en est rien.
Je sens bien que vos démarches sont sincères et que vos engagements, vos candidatures ont un seul but :
gagner pour défendre vos idées, que ce soit au niveau municipal, départemental, ou autre ...
Ces personnes ne viennent plus, et il me semble savoir pourquoi.
Je pense qu'elles ne sont pas venues dans ces réunions pour plonger dans des problématiques électorales.
Je pense qu'elles sont venues dans ces réunions pour discuter, échanger des idées, partager du vécu.
Il me semble que nous perdons, au fur et à mesure, ces personnes parce que nous ressemblons, de plus en plus, à un parti politique.
Ce que je souhaite, c'est qu'après les élections municipales de Mars, on puisse mener un projet de fond.
Se demander pourquoi nous sommes militants, sur quelles valeurs ?
Echanger, sujet par sujet, nos idées et nos expériences.
Déclencher ce travail, de longue haleine, en mettant de côté le calendrier électoral.
C'est à mon avis une occasion unique pour renouer le contact avec celles et ceux qui se sont éloignés de nous.
16:00 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04 décembre 2007
Un préambule prometteur
S’il fallait ne retenir qu’une seule chose du congrès fondateur du MoDeM à Villepinte, ce serait pour moi le préambule des statuts. Ces deux paragraphes pouvant apparaître anodins résument pourtant à eux seuls l’esprit de la rencontre et l’amorce de la révolution culturelle effectuée par les instances du mouvement en général et par François Bayrou en particulier.
Ce préambule indique en des termes adaptés que le MoDeM est un mouvement politique fondé sur un juste équilibre entre la démocratie représentative et la démocratie participative et que l’ensemble de ses adhérents (y compris le Président) sont fédérés par des valeurs inscrites dans une charte et s’engagent à respecter des exigences comportementales inventoriées dans la charte éthique.
Ce constat répond de lui-même aux nombreuses inepties médiatiques organisées qui tout au long du week-end ont voulu démontrer une soi-disant absence de démocratie interne au MoDem. Jusqu’à preuve du contraire, aucun parti n’est allé aussi loin dans la mise au point d’une démarche commune par le biais du compromis car c’est bien d’un compromis qu’il s’agit.
Du temps de l’UDF, cette démarche n’était pas envisageable car, à l’instar d’autres partis, la démocratie représentative y était toute puissante et le militant en était réduit à accomplir des tâches logistiques et à approuver des textes préparés à l’avance par les instances. Aujourd’hui, les documents fondateurs ont évolué au fur et à mesure des contributions des militants qui ont voté en séance plénière les derniers amendements à la manière d’un vrai parlement. C’est l’expérience en interne de la séparation des pouvoirs voulue pour la nation lors de la campagne présidentielle.
Ce compromis ne laisse en chemin ni vainqueur ni vaincu mais a amené chacun à faire des concessions. A titre personnel, j’aurai aimé que le débat naturel dans toutes les groupes humains organisés sur la nécessité de préserver l’unité tout en favorisant la diversité eut été plus poussé. Au nom d’un légitime souci de préserver l’unité, notre Président est prêt non pas à réduire mais à trop canaliser la diversité. Le mot de courants lui donne à juste titre de l’urticaire sur la base d’expériences passées malheureuses. Mais la contradiction a toujours été source de progrès et ne peut s’exprimer que dans la diversité la plus large. C’est pourquoi je reste favorable à l’expression de sensibilités organisées.
Ce qui a l’air d’une dérisoire subtilité sémantique cache un enjeu important. Le courant naît lorsque l’ambition personnelle prend le pas sur l’intérêt du groupe. La sensibilité organisée est garante de la diversité mais garde en ligne de mire l’impératif de l’unité et ne s’égare pas dans une suicidaire guerre des chefs. Les indispensables garde-fous sont la charte des valeurs et surtout la charte éthique qui, par ses exigences comportementales, empêche les dérives redoutées.
Dans cet esprit, la Commission de Conciliation ne devrait pas hésiter à prononcer l’exclusion de tous ceux qui relègueraient au second plan derrière leurs intérêts personnels l’intérêt du groupe. Dans un mouvement démocrate, la seule ambition doit être le service de la collectivité dans le respect des différences. La démarche actuelle s’est un peu arrêtée en route mais reconnaissons que nous sommes partis de très loin et qu’il était illusoire de croire que tout se ferait en une seule phase.
Le compromis construit à Villepinte ouvre donc un formidable chemin d’espérance et ne ferme pas la porte aux évolutions possibles. C’est le sens profond de ce préambule prometteur.
Etienne BERANGER
11:55 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : préambule, statuts, congrès, modem
07 octobre 2007
Le citoyen 2.0 : cet alien

Ainsi donc, nous avons participé, jeudi dernier, au Forum intitulé « edemocratie, la société numérique à l’heure du citoyen 2.0 » qui s’est tenu à Issy-les- Moulineaux. Forum Mondial de la chose, s’il vous plait.
Comme annoncé dans les dépliants, beaucoup d’intervenants, experts et consultants venus du monde entier, spécialistes de la edemocratie, du evoting, du wifi, de la eadministration… Mais, autant le dire tout de suite, les grands absents de cette manifestation étaient tout simplement ceux mentionnés dans le titre même du Forum, ceux qui sont censés utiliser ces nouvelles technologies pour exercer la "edemocratie" : les citoyens ! Aucun en tant qu’intervenant dans les sessions plénières ou tables rondes, quelques uns bien trop peu nombreux dans l’assistance.
Bien dommage car cela est resté du coup très théorique, et même parfois, ennuyeux. C’est un peu comme aller à un Forum de la musique, dans lequel il n’y aurait que des instruments, leurs fabricants, mais aucun musicien : un manque cruel de vie et de passion, et on reste sur sa faim. Dommage pour tous ces intervenants venus du bout du monde, et qui auraient mérité plus d’audience et d’animation. Les stands hi-tech sont restés bien calmes et les allées clairsemées dans cet espace à la capacité d’accueil si grande.
De nombreuses expériences innovantes partout dans le monde pourtant : il se passe plein de choses passionnantes au Brésil, en Estonie, en Grèce, et aussi, aux Etats-Unis et en Angleterre et ailleurs. Cette maire anglaise a trouvé la réponse à la question de savoir comment toucher tout le monde : il suffit d’utiliser les différents outils de communication existants, en les adaptant à chacun : « à ceux qui n’ont pas Internet, je leur envoie des courriers (de moins en moins nombreux), ceux qui l’ont, je leur envoie des emails, et ils viennent sur mon blog, et avec les jeunes, on communique par SMS. Comme ça, je suis sûre de n’oublier personne. »
Le Web 2.0, c’est bien d’une révolution culturelle dont il s’agit, qui change, de manière très profonde, au niveau mondial, les rapports entre les individus, la transmission des savoirs, l’apprentissage, le partage des connaissances, la façon dont on s’informe.
Les générations adultes ont appris à l’école avec les livres, à partir d’écrits sur papier, en ayant l’habitude de faire une chose à la fois, l’une après l’autre. Les jeunes d'aujourd’hui ont grandi avec, dans leur environnement direct, un ordinateur, et l’accès à internet. Et c’est normal pour eux, le contraire ne l’est pas, par contre. En rentrant de l’école, un adolescent a son téléphone portable dans une main, continue ses discussions sur MSN avec ses copains, fait ses devoirs avec Internet comme source d’information complémentaire, tout en écoutant la musique, parfois regardant la télé, et donnant à manger à son chat. Puis il met à jour son skyblog, lit et répond aux commentaires reçus, et va sur ceux de ses copains. Caricature ? Pas tant que ça. Et pas de jugement de valeur à porter là-dessus c’est une question d’évolution des habitudes, c’est tout.
Révolution culturelle, qui change du coup la manière de faire de la politique. La manière de faire adhérer à ses idées, de prendre le citoyen au sérieux ou pas, et de le convaincre ou non. Car, derrière son écran, il est libre de choisir la source de son information, de comparer un propos avec un autre instantanément, il devient tout simplement lui-même acteur.
Et tenez vous bien, ce n’est pas fini. Dans cette mutation, il y en a une autre, tapit sous vos claviers, qui s’appelle Facebook. Faite vous bien à ce nom, car vous allez désormais en entendre parler à toutes les sauces. Pas un seul intervenant venu des Etats-Unis ou d’Angleterre qui n’intervienne en en parlant comme étant la prochaine révolution à venir « dans des proportions dont on imagine même pas la portée aujourd’hui ».
Vous êtes un bloggeur averti, ou venez tout juste de comprendre l’intérêt de vous exprimer par ce biais : sachez que, déjà, c’est dépassé, cela ne suffit plus et foncez sur Facebook. Si vous ne voulez pas, comme cet élu français, venant tout juste de terminer sa présentation de pionnier des sites participatifs, premier élu en France à avoir eu l’idée de réaliser un podcast depuis sa cuisine pour parler aux habitants de sa ville, vous retrouver reléguer en trente secondes dans le camp des « hasbeen », fronçant les sourcils, plissant le nez, et haussant les épaules « hein quoi, Facebook, c’est quoi ce truc ?? hein, connais pas… ». L’intervenante anglaise prenant la parole après lui nous expliquant que c’est bien beau les podcasts, mais qu’une autre révolution est en cours, du nom de Facebook, déjà à l’œuvre en Angleterre et aux Etats-Unis.
Facebook, site de réseau social sur Internet, du type de myspace mais en superpuissant, allez découvrir par vous-même, va ainsi poursuivre le processus de transformation des échanges entre les individus, à tous les niveaux, et l’impact direct en politique sera que les prochaines campagnes électorales se mèneront également avec cet outil. Les partis politiques qui l’auront compris auront un train d’avance, les autres seront dépassés. Ca se passe déjà comme ça aux Etats-Unis, et comme ce qui existe là-bas finit toujours par arriver chez nous, cinq ans plus tard, autant en prendre conscience maintenant.
Alors pourquoi si peu de participants comme vous et nous? Bonne question. Jour de semaine. Pas assez de publicité autour de l’événement ? Ou, tout simplement, signe du décalage, un de plus, entre nos élus, administrations, et les citoyens ? Ceux qui utilisent Internet comme moyens d’expression, de débat, d’innovation, de créativité, d’interactivité, d’outils d’information, de réflexion et d’analyse sont pourtant nombreux, passionnés… Et se rencontrent, nombreux encore, pour des débats dans les cafés, des soirées, et même pour certains, dans des mouvements politiques! Et nous ne sommes pas forcément tous des pervers...
Car il faut le savoir, le citoyen fait parfois peur : "il faut faire attention, car les blogs peuvent recevoir des messages d'insultes, et fort heureusement, de nos jours, nous pouvons toujours retrouver ceux qui ont écrit les commentaires..." Difficile, en France, de sortir d'un certain registre...
Et oui, Internet n’est pas Disneyland, une vitrine bien brillante, super outil de communication pour faire passer ses messages d’un monde que l’on veut idéal, présenter tout beau, tout magnifique. Et s’il est de bon ton de laisser croire au citoyen qu’il peut s’exprimer librement, il faut surtout veiller à le garder sous cloche, de peur qu’il vienne ternir notre image de communication toute belle.
C’est sans compter que la politique, dans le sens noble du terme, ce n’est pas seulement de la super communication. Car derrière les commentaires, les blogs, il y a ces millions et millions de français, qui se passionnent pour les débats, comme lors des dernières élections, et maintenant encore, pour échanger, construire des idées, exprimer leur accord, leur désaccord, et qui tout simplement ont redécouvert le sens de la politique, puisque n’ayant accès nulle par ailleurs, au débat et à l’information non formatée.
Et exprimer une critique, un avis contraire, ne signifie pas pour autant que vous êtes nécessairement un "gauchiste", ou que vous confondez blog et vide-poubelle. C’est faire naître des échanges, et les poursuivre en se rencontrant, affronter la contradiction, réfléchir et contribuer aux renouvellements des idées, à une meilleur adéquation des projets mis en œuvre avec les souhaits et besoins exprimés, et au final, oui on y aspire, aboutir à l’amélioration des conditions de vie de tous dans sa cité, en ayant exercé le plein pouvoir de son statut de citoyen.
N’est-ce pas cela, avant tout, le début de la démocratie tout court ?
Céline.
11:50 Publié dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, citoyen, démocratie







