04 novembre 2007
Les machines à voter
Ce que les « sages » en disent « Le Conseil constitutionnel a tenu à rappeler, lors de sa séance du 29 mars 2007, que l'utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969.
Ce recours aux machines à voter dans les conditions fixées par l'article L. 57-1 du Code électoral a été déclaré conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel. » (http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentie...)
Cependant, dans son «Bilan du second tour et décision de proclamation», le Conseil constitutionnel tente d’analyser l’origine de la persistance des réticences et du malaise :
« (…) Dès avant le premier tour, le Conseil constitutionnel a publié un communiqué rappelant que les machines à voter présentaient toutes garanties contre les détournements et les fraudes et mettant en garde contre la hantise irrationnelle de leur dévoiement.
D'où vient alors la persistance des réticences constatées au second tour ? Certes, l'acharnement déployé dans certains milieux pour jeter le doute sur la crédibilité du vote électronique, suggérer l'existence d'une fraude concertée et inciter au contentieux (des modèles de recours en référé et de réclamations étant diffusés sur Internet) laisse perplexe quant aux mobiles de leurs instigateurs.
Il n'en reste pas moins que beaucoup d'électeurs de bonne foi éprouvent eux-aussi un malaise. Celui-ci semble avoir une cause beaucoup plus psychologique que technique.
L'usage de l'urne et des bulletins, le dépouillement manuel rendent palpables et familières les opérations électorales. Un contrôle mutuel, visuel, est rendu possible par la présence physique des scrutateurs. Allons plus loin : la participation aux opérations qui se déroulent dans un bureau de vote, que l'on soit assesseur, scrutateur ou simple électeur, associe les citoyens à une sorte de liturgie républicaine.
L'intrusion des machines à voter dépossède les citoyens de tout cela. Elle rend opaque ce qui était visible. Elle leur confisque un sacerdoce partagé. Elle met fin à une « communion citoyenne ». Elle prive le corps électoral de la surveillance collective des opérations dans lesquelles s'incarne le suffrage universel. Elle rompt le lien sensoriel et symbolique que la pratique « manuelle » du vote et du dépouillement avait tissé.
N'est-ce pas cela, au fond d'eux-mêmes, que reprochent leurs détracteurs aux machines à voter ? Et si tel est le cas, les apaisements techniques sont vains.
Il ne s'agit pas, bien sûr, de condamner l'usage des machines à voter, mais de tenter de comprendre les ressorts profonds et dignes de considération de la résistance qu'elles rencontrent. Dans ce domaine, comme dans tant d'autres, la société contemporaine doit apprendre à mettre en œuvre le progrès sans sacrifier la tradition. (…) » http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentie...
Le vote électronique à IssyLa municipalité ne ménage pas ses efforts pour faire accepter ces machines :
La présentation des machines et du système a fait l’objet d’un dossier spécial dans le Point d’Appui du mois d’avril, fait actuellement l'objet d'un dossier sur issy.com et d’une émission sur la WebTV, Issy.TV. (http://www.issy.com/index.php/fr/citoyens/elections)
Les objectifs tels que rappelés par le Conseil constitutionnel
« (…) L'utilisation des machines à voter répond à un triple but :
- un objectif économique et matériel : réduire les coûts d'organisation des élections et accélérer le dépouillement des résultats le soir du scrutin.
- un objectif environnemental : supprimer les bulletins en papier.
- un objectif citoyen : permettre un accès plus aisé aux opérations de vote pour les personnes handicapées.(…) » (http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentie...)
Analyse personnelle
L’utilisation des « machines à voter » est incontestablement autorisée par le législateur et conforme à la Constitution. Néanmoins, un malaise, des réticences voire une hantise irrationnelle du dévoiement des résultats, persistent et nuisent à la qualité de l’exercice de la démocratie. Peu importe où se situe la vérité concernant ces machines. Pour certains électeurs, même le Minitel provoquait un blocage. Ce malaise, ces réticences et cette hantise demeureront chez ceux là pour longtemps.
La municipalité peut multiplier ses efforts de communication, des électeurs resteront malheureusement chez eux du fait de la présence de ces machines. D’autres iront voter mais auront perdu tout ou partie de la confiance qu’ils avaient dans la régularité des élections.
Ces « machines à voter » étaient sans doute au moins autant destinées à donner une image moderne de la ville qu’à répondre aux objectifs citoyen, environnemental, économique et matériel déclarés par le Conseil constitutionnel. La perception, même si elle est parfois irrationnelle, de ce mode de scrutin par les Isséens, fait de ce pari un échec. L’entêtement de la Municipalité dans cette voie ne relève-t-il pas de l’erreur stratégique ?
Plaider pour l’abandon du vote électronique ne doit cependant pas nous conduire à aggraver le discrédit sur nos élections si ce mode de scrutin est maintenu.
Pour éviter cet écueil, ma proposition est d’inscrire dans nos objectifs l’abandon des machines à voter au seul motif du malaise suscité.
Francis Favre
18:10 Publié dans Débat | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : machine à voter, issy, élections






