15 juin 2008
La Laïcité, l’Europe et ses valeurs
Les Irlandais ont tranché : comme nous, comme les Hollandais, c’est non. Ce n’est évidemment pas un refus de l’Europe, mais de cette Europe, lointaine, technocratique, oublieuse de ses citoyens qui ne demandent pourtant dans leur majorité qu’à participer à cette construction.
Nous aimerions avoir pour cette construction (unique dans l’histoire de l’humanité, car les rapprochements politiques entre pays sont d’habitude la conséquence des guerres), un projet qui nous entraînerait. La vision d’une société avec des valeurs fortes dans lesquelles nous pourrions nous reconnaître. Et pourtant, des valeurs, l’Europe en a. Des textes ont été écrits sur ses valeurs. La convention européenne des Droits de l’Homme a force de loi. Le dernier texte, qui n’a pas encore valeur de loi, puisqu’il a été rejeté au travers du texte constitutionnel européen et du traité de Lisbonne, c’est la Charte des Droits fondamentaux.
Celle-ci est une proclamation solennelle faite à Nice le 7 décembre 2000, signée par le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Commission européenne, elle affirme les valeurs de l’UE et devrait, si elle était ratifiée par les nations, représenter le socle sur lequel nous devrions construire. Sa rédaction a été l’objet de nombreuses négociations et compromis. Son préambule, dont la rédaction a été particulièrement laborieuse, ne saurait laisser indifférent aucun démocrate respectueux des êtres humains et de leur valeur : « Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité ; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’Etat de droit. Elle place la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant un espace de liberté, de sécurité, de justice. » On aimerait que la majorité actuelle s’imprègne un peu plus de ces principes et les mette en pratique. Certains membres de l’Union souhaitaient qu’il soit fait mention des « origines chrétiennes » de l’Europe, au mépris de tous nos autres héritages : grec, celte… Et de notre histoire multiple.
Nous sommes peu habitués en France à voir s’immiscer le religieux dans la vie publique. De fait, nous avons connu des guerres de religion violentes, jusqu’à ce que nous décidions de cantonner les religions à la sphère privée des individus : ce qui a été fait au travers du vote de la loi du 9 décembre 1905, proclamant la séparation des églises et de l’état. Une façon de permettre à tous les citoyens de retrouver dans la sphère publique et de cantonner à la sphère privée leurs options et croyances personnelles. Si l’Europe s’était déclarée laïque, la discussion sur nos soi-disant origines chrétiennes n’aurait pas eu lieu, parce qu’elle aurait été tout simplement hors de propos.
N’étant pas laïque, l’UE n’est pas à l’abri d’offensives fondamentalistes. En voici un exemple récent, où fort heureusement, les instances européennes ont su résister, mais avant tout parce que des députés pugnaces et conscients de la menace, se sont entêtés jusqu’à obtenir le vote de la résolution qui s’imposait pourtant.
Il existe un mouvement dont on a beaucoup parlé aux Etats-Unis : les créationnistes. Ceux-ci défendent l’idée que le monde a été créé, en six jours, comme la Bible le raconte. Par conséquent, ils rejettent le théorie de l’évolution de Darwin. Jusque là, rien de bien méchant, chacun a le droit de croire ce qu’il veut. Seulement les créationnistes ont demandé que leur thèse soit enseignée à l’école, sur le même plan que la théorie de l’évolution de Darwin, qui selon eux, n’est qu’une thèse différente. Ils ont élaboré une théorie du « dessin intelligent », ou « intelligent design » qui prétend qu’un « être supérieur » a créé le monde et les hommes avec une intension précise.
Cette attaque en règle contre la science a de quoi étonner. Selon un site créationniste québécois, la démonstration que le créationnisme peut être mis sur le même plan que la théorie de l’évolution est surprenante : « la théorie de l’évolution est un dogme, une croyance. … la théorie de l’évolution ne se base pas sur des faits scientifiques observables …Ainsi, Windows XP n’aurait jamais pu exister s’il n’y avait pas de programmeur. Donc, il est logique de présumer qu’un code aussi complexe que le code génétique n’a pas pu se construire lui-même, au hasard et par la sélection naturelle. Un programmeur supérieur, super intelligent (Dieu) a dû le concevoir et l’élaborer. »
Cette confusion des genres entre croyance et théorie scientifique représente un vrai danger pour la rigueur de l’enseignement. Aux Etats-Unis, c’est la Cour Suprême qui a dû se prononcer et affirmer que le créationnisme ne pouvait être enseigné à l’égal d’une matière scientifique.
La Commission de la culture, de la science et de l’éducation du Conseil de l’Europe, a demandé un rapport sur le créationnisme en Europe. Le député français PS, Guy Lengagne en a été le rapporteur. Il a effectué un travail d’une grande rigueur scientifique et a découvert que dans plusieurs pays européens, l’offensive créationniste avait eu lieu, au grand dam de la communauté scientifique. Alors qu’il avait présenté son rapport, au lieu d’être programmé pour être discuté au Parlement, celui-ci a été renvoyé en commission, c'est-à-dire enterré. Guy Lengagne a aussitôt donné une conférence de presse retransmise sur Internet pour informer le maximum de responsables et de citoyens sur le fait que des créationnistes étaient à l’œuvre et avaient probablement des appuis dans les instances européennes. Il était d’autant plus inquiet, qu’arrivant au bout de son dernier mandat, il savait qu’il ne pourrait pas agir très longtemps.
Heureusement, après son départ, Anne Brasseur, députée luxembourgeoise (ADLE), a repris le flambeau et a pu obtenir la discussion sur son rapport, son approbation et le vote de la résolution 1580. Celle-ci dit, en particulier :
« L’Assemblée parlementaire encourage les états membres et en particulier leurs instances éducatives…à s’opposer fermement à l’enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique, au même titre que la théorie de l’évolution et en général à ce que des thèses créationnistes soient présentées dans tout cadre disciplinaire autre que celui de la religion ; »
Le rapport dont Anne Brasseur a été le rapporteur, indique clairement que la thèse créationniste est portée par des mouvements fondamentalistes chrétiens et musulmans. Encore un exemple, s’il en était besoin, que la laïcité est une organisation de société qui favorise la paix sociale en renvoyant à la sphère privée les débats théologiques de toutes natures.
Nos amis Suédois l’ont d’ailleurs aussi bien compris, puisqu’ils ont, au 1er janvier 2000, voté la séparation de l’Eglise (protestante) et de l’Etat, dans le souci d’assurer l’égalité de tous les citoyens.
Martine Cerf
10:27 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, laïcité, valeurs
13 juin 2008
François Bayrou et le "non" irlandais
François Bayrou et Marielle de Sarnez ont réagi au "non" des Irlandais au traité de Lisbonne ce vendredi 13 juin ....
Selon François Bayrou , ce rejet probable du traité de Lisbonne par les Irlandais révèle le "fossé" qui "s'est creusé entre les peuples européens et leurs institutions".
"Les Irlandais ont répondu comme beaucoup d'autres peuples européens l'auraient fait" à ce traité "encore plus incompréhensible que le texte touffu de la Constitution européenne", a déclaré à l'AFP M. Bayrou. "On a essayé de ruser avec les peuples, et de faire comme si l'Europe était uniquement une affaire d'initiés", a-t-il dit. Les gouvernements vont devoir "prendre le temps nécessaire" pour rejoindre les préoccupations des citoyens "qui ont l'impression que l'Europe est devenue uniquement une machine pour initiés purement économique et
commerciale, et qui ne les protège pas dans les difficultés des temps".
Les citoyens "ont le sentiment de n'être au courant de rien de ce qui se décide et se discute", a-t-il ajouté. "Je suis certain qu'ils pensent dans leur grande majorité qu'il faut une Europe dont la voix soit aussi crédible et influente que celle des Etats-Unis ou de la Chine. Mais ils veulent que ce soit leur voix", a déclaré François Bayrou.
Il faut élaborer pour l'Europe un traité "court, simple, lisible, compréhensible par tous et soumis à référendum", a-t-il encore indiqué, reprenant la thématique développée pendant la campagne présidentielle.
De son côté, Marielle de Sarnez déclare :
"C’est un événement très important qui ne peut pas être ignoré ou contourné et qui aura des conséquences lourdes pour l’avenir immédiat.
Un fossé s’est creusé entre les peuples et l’Europe. C’est à cette question qu’il faut répondre. On ne peut plus continuer d’ignorer ce qui est ressenti comme un déficit démocratique.
Ceci oblige à trouver pour l’Europe des réponses nouvelles qui prennent en compte les inquiétudes des peuples et les défis des temps."
22:23 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, europe, referundum, irlande, traité, lisbonne
Compte-rendu du dîner-débat avec Bernard Lehideux à Issy-les-Moulineaux
Compte-rendu réalisé par Okan sur France Démocrate.
Jeudi 12 juin avait lieu un dîner-débat organisé à Issy-les-Moulineaux (92) par l’association "Issy & Demain" ; l’invité de cette soirée était Bernard Lehideux, député européen MoDem.

A 20h, les 70 convives présents sont installés et attendent le député européen ; les esprits sont motivés et veulent débattre, surtout après la dernière Convention pour l’Europe organisée par Marielle de Sarnez, le 8 juin. [1] Bernard Lehideux arrive en compagnie de Christophe Ginisty, conseiller municipal MoDem d’Issy-les-Moulineaux.
Bernard Lehideux, après avoir laissé paraître un visage sceptique concernant l’issue du scrutin du référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne, débute l’introduction du débat en rappelant l’importance du fonctionnement du Parlement européen par rapport au Parlement français : dans le premier, les projets sont discutés entre parlementaires et aucune majorité n’est acquise d’avance. Le député européen reprend l’exemple de la directive Bolkenstein : le projet déposé au Parlement européen était de nature ultralibérale ; après avoir été confié à un rapporteur, une députée européenne allemande sociale-démocrate, le texte a été étudié et négocié par les parlementaires jusqu’à ce que celui-ci soit vidé de son essence ultralibérale. Inversement, le Parlement français ne permet pas ces discussions : la majorité acquise d’avance vote sagement les yeux fermés le projet de loi que lui soumet le ministre.

Le député européen rappelle aussi que François Bayrou, Marielle de Sarnez et lui-même préparent la présidence française. Leurs efforts pour que le gouvernement français retiennent le dossier social (en plus de l’énergie/climat, de l’immigration, de la réforme de la PAC et de la défense) ont été récemment récompensés. Bernard Lehideux a également souligné que le Conseil National du 8 juin du Mouvement démocrate a voté pour la stratégie de listes autonomes dans les huit régions françaises, en vue des prochaines élections européennes de juin 2009. François Bayrou ne sera pas candidat, mais sera le porte-parole des listes européennes démocrates. Le député européen revendique l’idéal européen comme l’héritage et le combat politique du Mouvement démocrate, seul mouvement français à être cohérent avec l’Europe ; en face, le Parti socialiste a encore des eurosceptiques avec Laurent Fabius et l’UMP compte encore des souverainistes, ainsi que des parlementaires parmi lesquels, l’idéal européen ne soulève ni leur intérêt ni leur enthousiasme. A ce titre, Bernard Lehideux s’inquiète que le gouvernement français n’ait toujours pas précisé les modifications dans les huit circonscriptions qu’entraîneront la réduction du nombre des eurodéputés français qui passeront de 78 à 74 élus. Bernard Lehideux fait aussi le constat d’une Europe qui ne passionne plus les citoyens ; ces derniers s’éloignent progressivement d’elle, après le refus des référendums français et néerlandais et, peut-être, irlandais. Ce constat doit être pris en compte par le Mouvement démocrate, car l’idéal européen ne peut plus être défendu devant un électorat devenu plus eurosceptique qu’europhile.

Il est ensuite l’heure de passer aux questions des convives. En voici quelques-unes : Ne faut-il pas remplacer la Commission européenne, devenue trop "antisociale", par une gouvernance plus sociale-démocrate ? Bernard Lehideux dit que parmi les 27 Etats membres, il n’y a pas de majorité pour désigner les commissaires européens. En effet, la désignation de la Commission dépend des fluctuations politiques nationales dans chaque Etat membre. Mais la Commission a une origine multiple, les commissaires sont donc obligés de travailler ensemble. Le député européen pense également que l’élection d’un président de l’Union européenne au suffrage universel serait hasardeux, tant les citoyens européens ne se connaissent pas suffisamment et que la confiance entre eux et les institutions n’est pas au rendez-vous. Là encore, le Traité de Lisbonne, s’il est ratifié, permettra à un président de l’Union d’être élu par ses pairs pour un mandat renouvelable de deux ans et demi ; il sera également le porte-parole identifiable de l’Europe auprès des médias, des citoyens et des acteurs internationaux. A ce titre encore, Bernard Lehideux fait une parenthèse concernant le délabrement de la considération française à l’égard de l’Europe. Ainsi, il s’indigne que le ministre délégué français aux Affaires européennes soit "l’adjoint du ministre des Affaires étrangères". "Les affaires européennes ne doivent plus être les affaires étrangères !", lance-t-il.

Il y a plus de lobbyistes que de fonctionnaires à Bruxelles et Strasbourg. Que penser de la prise de décision de la Commission européenne dans ce cas-là ? En réponse, Bernard Lehideux rappelle que les fonctionnaires français qui acceptent d’aller travailler à la Commission européenne sont ensuite très mal vus de leurs collègues nationaux, dès qu’ils reviennent en France. Cet état d’esprit l’inquiète et il affirme que la prise de décision est et reste le fait des parlementaires européens. Pour les lobbies, Bernard Lehideux préfère qu’ils soient inscrits pour entrer au Parlement européen et soient ainsi rendus publics que de les voir agir dans l’ombre avec opacité. Le député européen rappelle d’ailleurs que les eurodéputés ont le droit et le devoir de recevoir les lobbyistes pour les écouter et s’informer de ce qu’ils pensent. Parmi eux, certains lobbies sont des syndicats européens que les eurodéputés ne peuvent ignorer. Ensuite, chacun eurodéputé n’est pas obligé de croire les lobbies et d’accepter leurs amendements. Bernard Lehideux cite a contrario la bagarre que se livrent dans les couloirs de l’Assemblée nationale la CGPME et le MEDEF concernant le projet de loi relatif à la modernisation de l’économie française. Ne peut-on pas créer des listes communes avec les autres partis centristes européens ? Bernard Lehideux est séduit par cette idée, mais estime que’elle serait complexe du fait que des alliés européens seraient forcément insatisfaits de ne pas figurer en bonne place sur les listes européennes. Par contre, le député européen rappelle que François Bayrou travaille toujours à la fusion d’une formation commune par le biais du groupe centriste de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux au Parlement européen. L’UDF avait historiquement quitté le PPE (groupe des conservateurs européens) qui se droitisait au profit de la création de ce groupe parlementaire dont François Bayrou a été l’un des fondateurs. Un des convives félicite d’ailleurs Bernard Lehideux et le groupe parlementaires des eurodéputés centristes d’avoir combattu et repoussé une proposition du PSE (les socialistes européens) qui voulait réduire les groupes parlementaires minoritaires au sein du Parlement européen.

Qu’est-ce que le Traité de Lisbonne va apporter comme améliorations ? Et qu’est-ce qu’il faudra faire dans les domaines que le Traité ne pourra pas améliorer ? Bernard Lehideux ne revient pas sur l’espoir que la présidence de l’Union européenne devienne avec ce Traité plus "humaine" et mieux identifiable auprès des citoyens européens. Par contre, le député européen déplore l’absence de "leadership", élément indispensable pour redonner du lien entre l’Europe et les citoyens. Des couples de personnalités politiques avaient créé ce lien comme De Gaulle-Adenauer ou Miterrand-Kohl. Bernard Lehideux estime que François Bayrou, s’il avait été élu président de la République en 2007, aurait pu incarner ce leadership. Aujourd’hui, il estime que seule la chancelière Angela Merkel incarne encore un peu de ce leadership par sa personnalité engagée pour la construction européenne. Ne peut-on pas envisager de relancer l’idée d’une nouvelle Constitution européenne ? Bernard Lehideux n’y est pas hostile, bien au contraire. Il aurait même souhaité une nouvelle Constitution plutôt qu’un traité "rafistolé". Il s’indigne à ce titre que la France , grand pays fondateur, n’ait pas protesté suite au retrait des symboles de l’Europe (hymne, drapeau) dans le nouveau Traité. Ne faut-il pas relancer "les Etats-Unis d’Europe" ? Le député européen acquiese et rappelle que "les Etats-Unis d’Europe" sont "le fil rouge historique" du Mouvement démocrate et de son combat pour la construction européenne.

D’autres questions sont posées sur le pouvoir d’achat, l’agriculture, la Turquie et le projet français d’union méditerranéenne. Bernard Lehideux ne se dit pas spécialiste des questions agricoles, mais pense que l’Union européenne aurait intérêt à promouvoir la paix dans certaines régions du monde à travers la conclusion d’accords faits sur des denrées précieuses comme l’eau. Il reprend ainsi l’exemple de la construction européenne qui s’est faite à partir des accords sur le charbon et l’acier, denrées qui alimentaient naguère la guerre entre la France et l’Allemagne. Pour la Turquie , le député européen est contre son adhésion, comme la plupart des eurodéputés du Mouvement démocrate. La Turquie ne serait pas, selon lui, géographiquement dans l’Europe. Elle a encore non résolu des problèmes comme la reconnaissance du Génocide arménien et son adhésion par son poids démographique imposerait une prise en charge trop lourde pour l’Europe. Bernard Lehideux ne souhaite pas non plus aller dans le sens de Michel Rocard : l’eurodéputé socialiste souhaite que des pays comme le Maroc et Israël adhèrent à l’Union européenne dans la foulée de la Turquie. Bernard Lehideux craint ainsi que la construction europénnne dévie vers le concept d’une "ONU régionale", ce qu’il ne veut pas. Enfin, le projet d’union méditerranéenne pose une condition indispensable pour Bernard Lehideux : celle que ce projet ne soit pas la domination d’une civilisation, celle de l’Occident, sur les autres civilisations de la Méditerranée. Le député européen souhaite plutôt une vision d’une "civilisation de la Méditerranée " ; mais le projet de la future présidence française de l’Union européenne lui apparaît très incertain.

La soirée se termine et il est bientôt 23h30. Avant que Christophe Ginisty ne conclue le dîner-débat, Bernard Lehideux évoque la situation de François Bayrou : hormis "qu’il n’est pas tout seul" comme veulent le faire croire les médias, le président du Mouvement démocrate vient de tourner la page de la construction du mouvement. D’après le député européen, François Bayrou va passer à l’étape du rajeunissement des vice-présidents, dont les prochains nominés seront probablement des "quadras". François Bayrou entame également une nouvelle période de déplacements à travers la France , en vue d’aller à la rencontre des fédérations démocrates et des Français en général, mais aussi des déplacements à travers le monde.
14:51 Publié dans Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dîner débat, bernard, lehideux, europe, issy
09 juin 2008
Le reportage d'Okan
Retrouvez l'excellent reportage (comme toujours) de la journée d'hier réalisé par "OG" sur France Démocrate : un immense merci à lui pour la qualité de son travail.
C'est ici.

07:53 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, europe, élections européennes, union européenne
08 juin 2008
"Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer"
Discours de François Bayrou en clôture de la Convention sur l'Europe
"Je suis très heureux de la manière dont cette Convention a été conduite, organisée, de la remarquable qualité des travaux, de la remarquable qualité des expressions et j'y vois une promesse pour notre mouvement, car j'écoutais tous ceux qui parlaient et je mesurais que c'est parce que nous étions un mouvement nouveau que nous avions pu organiser ces rencontres avec ceux qui se sont exprimés.
Le renouvellement formidable de la démarche politique qui est la nôtre a permis que viennent s'exprimer avec nous, certains je le crois pour un jour nous rejoindre, des esprits qui jusqu'à maintenant, ne trouvaient pas leur place dans l'échiquier politique français.
Ils étaient dans l'insatisfaction et la recherche de quelque chose d'autre que nous avons commencé à construire et bâtir, c'est ce qui est en marche, et c'est pourquoi j'étais très heureux de cette rencontre. Et je remercie Marielle de Sarnez d'avoir assuré l'organisation et l'animation de cette convention pour l'Europe et de l'avoir conclue brillamment.
22:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, convention, europe, élections européennes, union européenne
"Nous sommes à la croisée des chemins : nous devons retrouver le sens profond de l'engagement européen"
Intervention de Marielle de Sarnez en conclusion des tables de ronde de la Convention sur l'Europe. "Je vais essayer, en deux-trois minutes, non pas de tirer des conclusions de ce qui a été dit, car vous avez dit des choses extrêmement importantes et nous avons éclairé les enjeux, mais je vais vous donner les deux ou trois directions que je pense utiles à notre réflexion. La première est celle-ci : c'est vrai que le monde a changé, qu'il y a des bouleversements que nous devons prendre en compte. Ce sont des crises que vous avez décrites, les uns et les autres : la crise financière, la crise alimentaire, la crise énergétique. Lire la suite...
22:21 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, europe, élections européennes, union européenne
Aujourd'hui, Convention sur l'Europe du Mouvement Démocrate
Aujourd'hui, nous avons tous rendez-vous à la Maison de la Chimie, invités par Marielle de Sarnez, présidente de la délégation au Parlement européen et les députés européens du MoDem pour participer à la Convention sur l'Europe de 9H30 à 14H00 à la Maison de la Chimie à Paris.
A noter, la participation de Tom Brake, député libéral-démocrate britannique, Gérard Deprez, président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, Jean-Luc Domenach, sinologue, Sandro Gozi, député du Parti démocrate italien, Eva Joly, conseiller spécial anti corruption et anti blanchiment au NORAD, Emmanuel Todd, historien et démographe, Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France.
François Bayrou clôturera ces travaux par un discours.
Une belle entrée en matière pour notre dîner-débat de jeudi prochain avec Bernard Lehideux !
07:46 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, europe, élections européennes, union européenne
02 juin 2008
Vers un contrat social européen pour l'emploi
A l'heure des "commémorations" en tout genre autour de "mai 68", nous devons nous résoudre à tourner définitivement la page des "trente glorieuses", cette époque d'après-guerre avec une forte croissance économique et démographique, le fameux "baby-boom". Nous vivions en période de quasi-plein-emploi, l'ascenseur social fonctionnait et un contrat social implicite s'exprimait au travers des conditions de travail. En échange d'un travail salarié, les entreprises qui avaient souvent une vision à long terme pour leur avenir, fidélisaient leurs collaborateurs en valorisant leurs expériences et leur ancienneté dans l'entreprise et par là même assuraient leur employabilité, pour un bénéfice mutuel entre employeur et employé. Pour certains cela pouvait s'appeler du paternalisme et prêter le flanc à de nombreuses critiques, mais il est indéniable que cela procurait un environnement assez sécurisant. A titre d'exemple, on entrait chez Michelin, Renault, Dassault ou Bouygues, et on pouvait y faire carrière en en gravissant les échelons fonction de ses compétences et aussi bien sûr des opportunités. Loin de moi l'idée de développer une vision angélique, les conflits sociaux existaient et étaient même parfois très durs, mais cet accord implicite, ce sentiment partagé d'appartenance, voire d'attachement à l'Entreprise, prévalait sur les autres considérations.
Depuis les années 90 le contexte a changé inexorablement, la mondialisation des échanges, la financiarisation de l'économie qui privilégie les résultats court-terme, les "nouveaux managers" appointés par les actionnaires qui remplacent les "anciens patrons" propriétaires de leur entreprise, etc. Cette évolution du contexte global a déjà été décrite par d'autres et exige des entreprises à s'adapter sans cesse et devenir toujours plus performantes. Si l'on ajoute à cela l'accélération des évolutions technologiques, on constate désormais qu'au cours d'une vie professionnelle, chacun doit changer plusieurs fois de métier. Tous ces changements entraînent fatalement une précarisation de l'emploi salarié, et c'est pour cela que l'on parle de plus en plus de "flexisécurité" censée apporter plus de flexibilité à la gestion des emplois tout en assurant un filet de sécurité pour gérer ce que l'on appelle maintenant une transition professionnelle pour ne plus employer le terme de chômage. De ce fait la législation du travail doit évoluer, et récemment gouvernement et partenaires sociaux sont convenus de "moderniser le marché du travail".
Si l'on regarde cette évolution avec du recul et que l'on tourne nos yeux vers l'avenir à moyen / long terme, que peut-on envisager ?
Tout d'abord, il est certain que les temps ont irrémédiablement changé et qu'il ne sera pas possible de revenir en arrière comme au temps des "trente glorieuses". Certains peuvent le regretter, comme autrefois d'autres ont regretté la disparition de la marine à voile, mais c'est ainsi. De même que les clippers n'assurent plus le commerce du thé avec l'extrême orient, les entreprises ne pourront plus assurer l'emploi à vie. Le contrat social qui existait auparavant ne fonctionne plus.
Le contrat de travail risque d'évoluer vers un contrat de nature "commerciale" lié à un projet limité dans le temps reportant sur chaque travailleur la gestion de son employabilité et de ses périodes de transition. Y aura-t-il même encore une notion de salariat dans dix ou vingt ans, tout le monde ne sera-t-il pas considéré un peu comme un travailleur indépendant ?
Si cette évolution se développe dans le "laisser-faire", alors cette souplesse peut être une excellente chose pour les plus employables qui pourront alors négocier plus facilement leurs évolutions de carrière, passant d'un emploi à un autre au gré des opportunités. Mais pour les autres – plus vulnérables – et aussi plus nombreux, le fossé se creusera de plus en plus et créera encore plus de précarité voire de pauvreté. Les plus pessimistes parlent même de la disparition des classes moyennes, ne restant plus que deux catégories situées aux deux extrémités de l'échelle sociale.
En tant que défenseurs de la sociale-économie et des valeurs humanistes, nous ne devons pas "laisser faire", mais que peut-on faire et qui doit le faire ?
Le modèle actuel en cours de négociation montrera sans doute à terme ses limites. De la même manière que l'on ne peut pas faire porter la gestion de l'employabilité de manière individuelle sur les seules épaules des travailleurs, on ne peut pas non plus imposer aux entreprises de prendre en charge le développement de l'employabilité de leurs collaborateurs y compris au-delà de leur périmètre économique. Il faut donc être créatif et inventer une nouveau modèle qui peut aussi s'inspirer de modèles existants. On parle souvent du modèle finno-scandinave dans lequel la flexibilité de l'emploi est compensée par une sécurité assurée par une indemnisation et surtout un niveau de formation élevé. Ces politiques nécessitent des moyens budgétaires importants et supposent une forte mobilisation au sein des entreprises et un dialogue social de qualité. La France n'en est pas là aujourd'hui. Et d'ailleurs, en serait-elle là, pourrait-elle le faire seule ? Très difficilement sans doute, car un tel projet ambitieux, n'est pas sans conséquence sur les politiques budgétaires et économiques. Il faut donc le concevoir sur un périmètre beaucoup plus large, et c'est donc au niveau européen qu'il faut mettre en œuvre des politiques communes de gestion de l'emploi.
Pourquoi ne pas envisager sous l'égide de l'Union européenne, et de façon coordonnée, le développement dans chacun des pays qui la composent de structures autonomes, gérées paritairement par des représentants des partenaires sociaux, et chargées de prendre en charge globalement la gestion de l'employabilité des travailleurs. A court terme, ce projet paraîtra sans doute difficilement réalisable voire même utopique, et c'est à l'échéance d'une dizaine d'année qu'il faut envisager sa construction. On pourra objecter que tous les pays ne sont pas au même niveau, c'est vrai ; mais pour mémoire, souvenons nous des comparaisons que l'on faisait avec l'Espagne lors de son entrée dans l'Europe et du chemin parcouru depuis.
Au Parlement européen, la commission de l'emploi et des affaires sociales a pour mission de défendre une Europe plus sociale, avec une meilleure cohésion et des emplois de qualité.
C'est donc au niveau européen que la construction d'un nouveau "contrat social" doit être prise à bras le corps, c'est un projet enthousiasmant qui doit animer l'ensemble des citoyens de l'Union, à commencer par la jeunesse car c'est principalement de son avenir qu'il s'agit.
Et nos gouvernants et parlementaires seraient bien inspirés de le promouvoir, car cela peut contribuer aussi à cimenter notre Union et prendre le leadership sur un sujet qui dépasse les frontières de l'Europe. Cela participerait aussi à la construction d'un modèle européen qui ne soit pas seulement économique.
Personnellement, je rêve du jour où l'on parlera couramment, et avec envie, du "modèle européen", et où l'on entendra un peu moins parler du "modèle américain".
Laurent Boisseau
08:00 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, social, emploi, contrat, travail
29 mai 2008
Diner-débat "Européen" à Issy - 12 juin - avec Bernard LEHIDEUX
Nous sommes heureux de vous annoncer notre dîner-débat "Européen" qui aura lieu le jeudi 12 juin 2008 !
Venez nombreux pour débattre ensemble autour du thème "Union Européenne : de nouveaux enjeux parlementaires" avec la présence de Bernard LEHIDEUX, député européen du MoDem.

Pour réservez : Veuillez envoyer vos coordonnées : Nom et prénom en répondant simplement à l'adresse :
reservation.issyetdemain@gmail.com
Notre service de réservation vous contactera directement pour confirmer votre réservation,
Bien cordialement,
Fabienne GAMBIEZ
23:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dîner-débat, europe, issy, bernard lehideux
04 avril 2008
Emploi des seniors : la France à la traîne de l'Europe
Cette année est programmé le nouveau rendez-vous sur les retraites. Premier point d'achoppement : la durée du travail doit-elle passer à 41 annuités au lieu des 40 actuelles ?Mais, est-ce bien la vraie question ?
A l'heure du "travailler plus" les seniors restent – de gré ou de force – largement exclus de l'emploi. Des injonctions ont beau venir de la part du gouvernement ou du patronat, rien n'est fait sur le terrain.
L'âge moyen de sortie du marché du travail stagne autour de 58 ans en France, soit deux ans avant l'âge légal de départ en retraite.
Le taux d'emploi des 55-64 ans est particulièrement faible en France : de l'ordre de 38%. En Europe, la France est en queue de peloton, juste avant l'Italie qui est dernière. Cinq pays sont en tête : le Danemark, la Suède, le Royaume Uni et la Finlande, tous au dessus de 50%.
L'Europe s'est fixé pour objectif qu'une personne âgée de 55 à 64 ans sur deux soit encore en emploi à l'horizon 2010. Pour y parvenir, deux modèles se distinguent actuellement :
Le premier, libéral, est symbolisé par le Royaume-Uni. Il est d'abord caractérisé par la faiblesse du niveau des retraites. Les seniors se voient donc contraints d'y accepter des emplois faiblement rémunérés pour s'assurer un revenu. Cette voie a été suivie par les Pays-Bas, en adoptant une série de mesures visant à contraindre les seniors à reprendre un emploi, fut-il précaire.
A l'opposé, le modèle finno-scandinave se distingue par un niveau élevé de formation professionnelle, des subventions à l'embauche des seniors, etc. Ces politiques nécessitent des moyens budgétaires importants et supposent une forte mobilisation au sein des entreprises et un dialogue social de qualité. La France n'en est pas là aujourd'hui.
La véritable question qui se pose est prioritairement la sécurisation des parcours professionnels, et ce sans discrimination d'âge. Car à l'opposé des seniors, l'entrée dans la vie active des jeunes qui s'effectue en enchaînant des stages peu rémunérés, ou des CDD précaires à répétition, n'est évidemment pas un modèle à pérenniser. C'est donc en luttant pour le plein-emploi de tous les salariés, sans distinction d'âge, que l'on peut espérer améliorer l'emploi des plus vieux d'entre eux.
Et pour revenir à la question initiale, allonger la durée du travail dans les conditions actuelles d'emploi des seniors revient à prolonger les fins de carrière par des périodes de chômage loin d'être toutes indemnisées. Ce qui veut dire dans le meilleur des cas, remplacer des pensions par des indemnités de chômage…
C'est là un véritable sujet de "Social-économie". La France , à l'instar des autres pays européens, doit s'y atteler sans tarder. Car le résultat de la situation actuelle est - en utilisant le langage économique - de la destruction de valeur (l'expérience des seniors inutilisée) ; et - en utilisant le langage social - un véritable gâchis humain.
Laurent Boisseau
Rédigé librement d'après un article d'Alternatives économiques d'avril 2008.
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