23 avril 2008

Des médicaments au rayon « petits pois » ?

Depuis quelques temps une campagne de publicité dans la presse écrite assimile les médicaments à des bijoux de luxe. Assigné par un groupement de pharmaciens, l’instigateur de cette campagne, le groupement des magasins Edouard Leclerc vient d’être condamné par le tribunal de Colmar à retirer ses publicités (newsletter LSA du 21/4/08).
Cette décision appelle deux remarques :

Est-ce à un groupement de distribution d’imposer au gouvernement par une volonté de passage en force une vision purement mercantile du système de santé français ?
Le sujet est bien trop complexe pour faire l’économie d’un débat public avec tous les acteurs concernés : professionnels de santé, laboratoires, pharmaciens, et sécurité sociale. La vision simpliste d’un rabais sur les médicaments de « marques », rendu possible par un modèle économique basé sur la compression des frais de personnel, et qui contribuerait à la sauvegarde du pouvoir d’achat des français ne saurait faire l’objet d’un blanc-seing accordé par le gouvernement.
Notre responsabilité - en tant qu’adhérents du Mouvement Démocrate - est d’être particulièrement vigilants sur les sujets de santé publique qui concernent la vie quotidienne de millions de français.

La deuxième remarque concerne le fait que les groupes de la grande distribution se placent désormais dans une concurrence effrénée dans la recherche de nouveaux marchés plus rémunérateurs ainsi que dans une course aux ouvertures. Cette course est rendue nécessaire par les tensions actuelles sur les marchés alimentaires mondiaux faisant craindre aux grands distributeurs une contraction de leurs marges.

Verrons-nous les effets de cette course dans les années futures à Issy-les-Moulineaux dans le cadre d’un projet de grande surface ?

Didier Frutieaux