29 avril 2008

Vous avez dit "Droits de l'Homme" ?

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Les associations de défense des Droits de l’Homme tunisiennes attendaient beaucoup de la visite d’un Président français.

Elles espéraient que des signes clairs seraient adressés au Chef de l’état tunisien pour permettre la libération de prisonniers politiques. Eh bien non, ces signes ne sont venus ni de Nicolas Sarkozy, ni de Rama Yade !

Au plan international, est-ce dorénavant l’image que veut donner la France ? Le carnet de commandes remplace la démarche humaniste.

Mais pourquoi avoir créé un secrétariat d’état aux Droits de l’Homme ? Où est « la diplomatie des Droits de l’Homme » mise en avant pendant la campagne présidentielle par le candidat Sarkozy ?

 

Fabienne Gambiez

18 avril 2008

Un système hospitalier déstabilisé ?

1726924675.jpgNicolas Sarkozy a annoncé cette semaine le plan de réforme des hôpitaux français. Il l’a présentée comme étant la mise en place de «communautés hospitalières» et la reconversion de services de chirurgie et de maternité jugés « dangereux ».

On nous a expliqué que  les établissements qui perdront leur activité chirurgicale ou obstétrique ne fermeront pas pour autant leurs portes. Ils pourront se tourner vers d’autres activités, par exemple la rééducation fonctionnelle, les soins de suite ou la gériatrie.

Pourtant la crainte d’une médecine à deux vitesses (Paris / Province – Grandes villes / Petites villes) se renforce. Il est évident qu’en province et dans les petites villes les patients devront faire un trajet encore plus long pour se rendre aux urgences ou subir une opération avec un risque vital accru selon les pathologies.  Sur certaines zones géographiques, on constate déjà depuis plusieurs années, la diminution du nombre de médecins généralistes, de spécialistes (ophtalmologistes, dermatologues …), la mise en place de cette réforme risque d’accentuer la différenciation des français face au système de santé.

Faisant suite aux rumeurs de déremboursement des frais d’optique en début de semaine, à la mise en place des franchises médicales en début d’année, cette réforme ne peut qu’accroître l’inquiétude des patients et des professionnels de la santé.

Fabienne Gambiez

26 décembre 2007

«La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. Elle est en charge de réaliser un monde meilleur», François Bayrou.

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Le président du Mouvement Démocrate reproche à Nicolas Sarkozy "le mélange des genres, entre l'Etat et la religion".

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?
François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?
L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?
Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.

Cela vous choque ?
Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

20 novembre 2007

La leçon d'économie de Jean Peyrelevade

Entretien réalisé le 29 octobre 2007, au cours duquel, Jean Peyrelevade, homme d'affaires, économiste et proche de François Bayrou, nous livre son analyse de la politique économique de Nicolas Sarkozy. Consommation, déficit commercial, dette publique, capitalisme financier, versus initiative de l'entrepreneur. C'est tout simplement passionnant.