09 avril 2012
François Bayrou: "Je suis le seul à regarder la vérité en face et à dire que la France est dans un état critique"
Dans un entretien au Monde, François Bayrou, appelle les responsables politiques et les médias à ne plus éluder les sujets sur lesquels le débat électoral devrait porter.

Le Monde - Au début de cette campagne, vous bénéficiiez d'une excellente dynamique dans les sondages. Ce n'est plus le cas. Comment l'expliquez-vous ?
François Bayrou - Je n'ai jamais fait de politique en fonction des sondages. Le climat de la campagne électorale devrait inquiéter tous ceux qui voient la réalité de la situation du pays. La France est dans un état critique. Probablement, parmi les Etats européens, est-elle la plus menacée par une crise profonde. De cela, on ne parle pas. On ne parle que de sujets superficiels et de diversion.
Pour ma part, je ne varierai pas d'un millimètre : je traite les vrais sujets, et eux seuls. Et le premier sujet, pour moi, c'est l'emploi, la reconstruction de la production dans notre pays, toutes les productions et tous les emplois.
Pourquoi, alors, n'êtes-vous pas entendu ?
Je crois, au contraire, que je vais être entendu, que la campagne va se concentrer sur les sujets nécessaires. Mais il est vrai qu'il est très difficile, pour un pays, de prendre conscience de la réalité de sa situation lorsque tous ses responsables politiques et médiatiques évitent tous les sujets critiques. Comment voulez-vous que les citoyens, seuls contre tous, mesurent la gravité des choses ? On leur explique que tout va bien, que la crise est derrière nous, qu'on peut dépenser...
En fait, on est en train de refaire, trente ans après, un remake de 1981. On fait comme si la France pouvait dépenser sans mesure, qu'on pouvait emprunter à tout va, comme s'il était sans conséquence de multiplier les promesses dispendieuses. Mais rejouer 1981 en 2012, avec la menace imminente de la crise financière et sociale au-dessus de la tête, c'est mener le pays au pire accident.
Vous n'êtes pas le seul à parler de réduction des déficits. François Hollande l'a fait, pour ne citer que lui, et son programme fiscal n'est pas si éloigné du vôtre...
Moi, je baisse les dépenses et, lui, il les augmente. Excusez du peu ! C'est une divergence notable. Nicolas Sarkozy et François Hollande annoncent tous deux des dépenses supplémentaires. François Hollande veut les augmenter de l'ordre de 28 à 30 milliards d'euros, Nicolas Sarkozy de 10 à 15 milliards d'euros, ou davantage, puisqu'il ajoute 1 milliard tous les jours. Ils n'ont pas le premier centime.
Quand je pense qu'on s'est glorifiés d'avoir un déficit à 5,2 % du PIB ! Le déficit, mesuré par rapport aux recettes de l'Etat, représente plus de 10 % de ces recettes. C'est comme une entreprise ou une famille qui aurait 900 euros de ressources par mois et en dépenserait 1 000. C'est ça, la situation du pays. Il est criminel de ne pas en traiter. C'est une absolue irresponsabilité.
L'Italie a vu, à l'inverse de la France, ses taux d'intérêts augmenter de 6 %, 7 %, 8 %. La France, en quelque sorte, est-elle passée trop loin du boulet ?
La charge de la dette est de 55 milliards d'euros cette année. Les recettes de l'impôt sur le revenu, c'est 45 milliards. Quel est l'Etat d'un pays dont la totalité de l'impôt sur le revenu ne suffit pas à payer les intérêts de la dette ?
M. Sarkozy a indiqué, jeudi 5 avril, qu'il entend équilibrer les comptes publics, en 2016, en associant les grandes collectivités locales à l'effort de réduction de la dépense...
Sur cette dernière affirmation, il a évidemment raison. Il n'est pas imaginable d'obtenir un équilibre des comptes sans que les collectivités locales partagent les efforts. Il faudra négocier un pacte de réduction de la dépense publique, dont ces collectivités seront signataires avec l'Etat et la Sécurité sociale.
Mais, comme souvent, les chiffres avancés par Nicolas Sarkozy m'apparaissent tout à fait fantaisistes. Il annonce un déficit de 115 milliards d'euros et, à la ligne suivante, sans filet, une correction de 53 milliards. Il manque 62 milliards. Rien que ça !
Vous promettez, vous-même, de réduire les dépenses publiques de 50 milliards d'euros en les gelant en valeur. Pouvez-vous être plus précis ?
La France est le pays où la part des dépenses publiques est la plus importante. Elles représentent 57 % du produit intérieur brut (PIB), alors que la moyenne des pays de l'OCDE est de 43 %. Or il n'est pas vrai que notre niveau de contrat social soit de 20 % supérieur à celui des pays qui nous entourent. Il faut dépenser moins et servir mieux.
On peut le faire, par exemple, en étalant les programmes d'investissement des collectivités locales dans le temps ou en faisant intervenir le numérique dans la gestion de l'Etat. Dans le domaine de la santé, on peut réorganiser les urgences et la politique du médicament. Je récuse l'idée que les économies entraîneraient une moindre efficience de l'Etat et des systèmes sociaux. Je crois le contraire : nous pouvons améliorer le service au citoyen et faire des économies en même temps.
De toute manière, il n'y a que deux options. La première, c'est de se retrouver dans la situation de l'Espagne. La seconde, c'est de résoudre les problèmes avant que d'y être forcés par la plus rude des contraintes. Cela seul est optimisme et volonté, effort et espoir.
Les politiques réformatrices dures, telles celles menées en leur temps par Alain Juppé en France ou Margaret Thatcher au Royaume-Uni, ont rebuté l'opinion...
Qu'un journal comme Le Monde en vienne à me comparer ou à comparer Juppé avec Margaret Thatcher prouve une préoccupante perte de repères ! Mme Thatcher était dans la mise en cause radicale du modèle de solidarité dans la société britannique. Je vous dis, au contraire, que c'est la dernière fois qu'on peut sauver le modèle social et républicain. Je ne vous dis pas qu'il faut l'abbatre, je vous dis qu'il faut avoir le courage de le sauver.
Vous semblez dire que ce sera indolore. Est-ce possible ?
J'ai dit qu'on peut dépenser moins et servir mieux. Pas que ce serait sans conséquences ou sans changements. Il s'agit d'éviter le risque d'avoir à diminuer de 15 % ou de 20 % salaires et retraites, comme dans d'autres pays. Il s'agit de la seule politique qui puisse sauver, tant que c'est encore possible, notre modèle social et républicain.
Pour l'heure, c'est Jean-Luc Mélenchon qui crée une dynamique de campagne...
Il y a, dans une partie importante de la population française, l'idée que le grand soir est possible et qu'il suffirait de le décider pour qu'on ne rembourse pas la dette, ou pour que tous les revenus augmentent. C'est un mensonge et un égarement dramatique.
Je suis frappé par ce qui s'est passé en Suisse. Dans un pays qui va bien, un référendum a été organisé pour savoir si les citoyens voulaient deux semaines de vacances supplémentaires. Ils ont répondu non. Les principales forces des peuples, ce sont leur conscience et leur volonté.
Pour paraphraser de Gaulle, les Français sont-ils des veaux ?
Sûrement pas ! Je suis un démocrate qui croit à la démocratie. Si les "élites", comme on dit avec les guillemets d'usage, font leur travail, les peuples sont au rendez-vous. Mais il arrive que les élites trahissent leur devoir.
Les élites qui ont trahi, c'est une thèse de Nicolas Sarkozy...
Je ne classe pas les élites comme lui. Moi, je suis un défenseur des corps intermédiaires.
Alors qui sont ces élites ?
Une partie du monde politique et du monde médiatique, qui trahit, parce qu'elle connaît la réalité de la situation et qu'elle a renoncé à en rendre témoignage. Avez-vous écrit une seule fois : "La situation est plus grave qu'on ne vous le dit" ? En Italie, cette phrase a été écrite. Elle ne l'a pas été en France ! Si vous l'écriviez, probablement le climat du pays changerait-il.
M. Sarkozy prévoit une réduction du nombre de députés et l'instauration d'une dose de proportionnelle aux législatives. Y voyez-vous une main tendue ?
J'ai observé ces dernières heures que mes propositions de moralisation de la vie publique, de réduction du nombre des parlementaires, de correction proportionnelle recueillaient beaucoup d'appréciations positives de la part de Nicolas Sarkozy aussi bien que de François Hollande. Ce doit être l'effet d'une soudaine force de persuasion...
Vous avez reçu récemment des signaux de droite et de gauche...
Dans la seule journée d'hier, de Nicolas Sarkozy et de ses proches, autant que de François Hollande et de ses proches... Vous laissez entendre qu'il y aurait des arrière-pensées électorales pour le second tour.Vous avez l'esprit drôlement mal tourné.
Pour moi, j'y vois la reconnaissance de notre indépendance et le besoin de la résistance aux extrêmes.
A droite, certains vous font miroiter le poste de premier ministre de Nicolas Sarkozy.
Je suis inaccessible au miroitement. Je suis déterminé à maintenir mon cap, sans varier d'un millimètre. Je ne me laisserai attirer ni dans un cap ni dans l'autre, ni par des manœuvres, ni par des chatoiements, ni par des signes de connivence.
Jean-Luc Mélenchon répète qu'il serait impossible pour le Front de gauche de à un gouvernement autour de François Hollande qui laisserait une place à François Bayrou. Qu'en pensez-vous ?
Que ma vision de la France soit incompatible avec celle que Mélenchon développe, c'est une évidence. Je mets de côté le personnage, l'orateur tribunicien. Mais laisser croire aux Français qu'on peut décider le smic à 1 700 euros le lendemain de l'élection, où fixer la retraite à 60 ans à taux plein, sans qu'une seule pension soit inférieure au niveau de ce même smic, ou créer 800 000 postes de titulaires dans la fonction publiques, cela pour moi est une telle énormité qu'il s'agit d'une atteinte à l'intérêt national. Et à la bonne foi des citoyens qui se laissent embarquer dans cette illusion... Seuls aiment le peuple ceux qui ne lui mentent pas.
Il n'y a aucun moyen, je vous le dis pour le présent et l'avenir, de sortir la France de la crise par l'influence des extrêmes. Pas plus de l'extrême gauche que de l'extrême droite. Et pas davantage dans la guerre des deux camps.
L'UMPet le PS, est-ce la peste et le choléra, les mettez-vous sur un pied d'égalité ?
Je suis là pour que le pays ait un choix qui ne le ramène ni dans les bras des uns, ni dans les bras des autres.
Il y a l'éthique de responsabilité et l'éthique de conviction. Voulez-vous être dans l'action ?
Les leçons d'éthique je les reçois, mais je les pèse à leur juste poids. Je livre la bataille pour l'élection présidentielle parce qu'elle est vitale pour le pays. Je suis le seul choix pour les Français qui permette d'écarter la pression des extrêmes. Nicolas Sarkozy est sous la pression de l'extrême droite, où il va puiser ses voix. François Hollande est sous la pression d'une extrême gauche en résurgence.
Mais si vous n'êtes pas au second tour...
Ne faisons pas de la politique avec des si!
Vous avez dit, au début de la campagne, que vous prendriez vos responsabilités. Cela est-il toujours votre ligne ?
J'ai toujours pris mes responsabilités.
En 2007 aussi ?
Absolument. J'ai dit, alors, que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy.
Considérez-vous que les conditions du rassemblement ont progressé par rapport à 2007 ?
Non, c'est à peu près pareil. On en reste à la politique classique et clanique. Or, cette politique - vous pouvez l'écrire et l'encader - ne pourra offrir au pays une issue pour s'en sortir. Le rassemblement ne peut se produire que si les Français en décident ainsi.
05:30 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Présidentielles 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou 2012, dette, entretien le monde, sarkozy, hollande |
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30 juillet 2008
François Bayrou ou l'activisme démocrate
Nombreux sont ceux qui, après l'élection présidentielle de 2007, avaient prédit la "mort politique" de François Bayrou. Le président du Mouvement démocrate (MoDem) a été abandonné par la plupart de ses élus, pris en tenaille lors des élections municipales et "ciblé" par l'Elysée, qui n'a eu de cesse de l'isoler. Il reste pourtant, selon toutes les enquêtes réalisées depuis un an, une des figures les plus populaires aux yeux de l'opinion et sa voix, aussi isolée soit-elle dans l'Hémicycle du Palais-Bourbon, continue à se faire entendre avec force.Ainsi le député des Pyrénées-Atlantiques a-t-il été le plus prompt à réagir à la décision du tribunal arbitral en faveur de Bernard Tapie, contribuant ainsi à en faire émerger les enjeux politiques. "Ce qui m'étonne, c'est l'étrange fascination qu'exerce Sarkozy sur une partie de la gauche elle-même, qui semble comme tétanisée, juge-t-il. Mais imaginez ce qu'aurait dit la droite française si c'était Mitterrand qui avait agi ainsi avec Tapie !"
"ACTIVISME DÉMOCRATE"
Le moins paradoxal n'est pas que l'ancien dirigeant de la droite centriste soit ainsi identifié comme un des opposants les plus actifs au pouvoir incarné par Nicolas Sarkozy. "Les raisons pour lesquelles j'avais indiqué que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy, qui reposaient sur un conflit de valeurs et non des antagonismes de personnes comme on a voulu le faire croire, ne peuvent plus aujourd'hui être ignorées par personne", affirme M. Bayrou. "Il y a aujourd'hui très peu de gens qui résistent à cette réalité, admet le président du MoDem. Les syndicats ont été désarmés, mis à terre et moqués. Et il ne faut pas oublier que beaucoup de gens ont peur. C'est pourquoi j'ai un devoir de rassemblement pour construire une opposition démocratique et républicaine."
Depuis quelques semaines, des figures venues d'horizons divers prennent ou reprennent contact avec l'ancien candidat à l'élection présidentielle afin de rejoindre des cercles de réflexion qui ont été réactivés. "Vous êtes le seul à avoir dit depuis le premier jour ce qui se passe à présent, et on ne voulait pas vous croire", lui confiait, à Versailles, lors de la réunion du Congrès, un sénateur de la majorité.
Le MoDem, créé à Villepinte à l'automne 2007, a réussi, non sans essuyer de nouvelles pertes, à franchir l'écueil des élections municipales - où ses listes ont recueilli en moyenne 15 % des suffrages là où elles étaient présentes - et à faire émerger une génération militante. Celle-ci, tournant le dos aux pratiques d'une UDF "parti de notables", entend s'approprier "une nouvelle manière de faire de la politique". Les réseaux constitués à l'occasion de la campagne présidentielle continuent à fonctionner et la "blogosphère" démocrate est en activité permanente. Plus nouveau, on a vu récemment, à l'occasion de mobilisations sur le droit au logement, les droits civiques ou les droits des résidents étrangers, se développer une forme d'"activisme démocrate".
M. Bayrou lui-même n'est pas en reste et se fait un devoir d'alerter sur les "graves dérives" qui, selon lui, menacent les droits élémentaires des citoyens. Ainsi entend-il prendre sa part pour obtenir le retrait du fichier Edvige, issu de la réforme du renseignement et reprenant une partie de l'ancien fichier des RG. Edvige recense ainsi des données informatisées non seulement sur les mineurs de 13 ans mais sur les élus politiques, candidats aux élections, responsables politiques, syndicaux ou religieux. "Où va-t-on ?, s'indigne le président du MoDem. Quel régime est-on en train de mettre en place ? Quelle société est-on en train de construire ?"
"Jamais personne n'avait entraîné la France là où Nicolas Sarkozy l'entraîne aujourd'hui, affirme M. Bayrou. Il transgresse tout ce qui était l'essentiel du consensus républicain." Cette stature d'opposant résolu, il va lui falloir à présent l'appuyer sur un mouvement qui peine cependant à se structurer. Les sites de la blogosphère relaient les multiples impatiences des adhérents démocrates déçus ou frustrés de ne pouvoir s'impliquer de manière plus active.
La première université du MoDem, du 5 au 7 septembre, au Cap Esterel, devrait être l'occasion de vérifier la vitalité du mouvement mais aussi de franchir un pas supplémentaire dans son organisation. Viendra ensuite ce qui constituera pour lui une échéance majeure : les élections européennes de juin 2009, à l'occasion desquelles M. Bayrou annonce d'ores et déjà des "surprises".
21:27 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois bayrou, modem, sarkozy, opposant |
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29 avril 2008
Vous avez dit "Droits de l'Homme" ?

Les associations de défense des Droits de l’Homme tunisiennes attendaient beaucoup de la visite d’un Président français.
Elles espéraient que des signes clairs seraient adressés au Chef de l’état tunisien pour permettre la libération de prisonniers politiques. Eh bien non, ces signes ne sont venus ni de Nicolas Sarkozy, ni de Rama Yade !
Au plan international, est-ce dorénavant l’image que veut donner la France ? Le carnet de commandes remplace la démarche humaniste.
Mais pourquoi avoir créé un secrétariat d’état aux Droits de l’Homme ? Où est « la diplomatie des Droits de l’Homme » mise en avant pendant la campagne présidentielle par le candidat Sarkozy ?
Fabienne Gambiez
21:21 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Expression libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme, tunisie, sarkozy |
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18 avril 2008
Un système hospitalier déstabilisé ?
Nicolas Sarkozy a annoncé cette semaine le plan de réforme des hôpitaux français. Il l’a présentée comme étant la mise en place de «communautés hospitalières» et la reconversion de services de chirurgie et de maternité jugés « dangereux ».
On nous a expliqué que les établissements qui perdront leur activité chirurgicale ou obstétrique ne fermeront pas pour autant leurs portes. Ils pourront se tourner vers d’autres activités, par exemple la rééducation fonctionnelle, les soins de suite ou la gériatrie.
Pourtant la crainte d’une médecine à deux vitesses (Paris / Province – Grandes villes / Petites villes) se renforce. Il est évident qu’en province et dans les petites villes les patients devront faire un trajet encore plus long pour se rendre aux urgences ou subir une opération avec un risque vital accru selon les pathologies. Sur certaines zones géographiques, on constate déjà depuis plusieurs années, la diminution du nombre de médecins généralistes, de spécialistes (ophtalmologistes, dermatologues …), la mise en place de cette réforme risque d’accentuer la différenciation des français face au système de santé.
Faisant suite aux rumeurs de déremboursement des frais d’optique en début de semaine, à la mise en place des franchises médicales en début d’année, cette réforme ne peut qu’accroître l’inquiétude des patients et des professionnels de la santé.
Fabienne Gambiez
22:41 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, réforme, sarkozy, médecine |
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26 décembre 2007
«La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. Elle est en charge de réaliser un monde meilleur», François Bayrou.

Le président du Mouvement Démocrate reproche à Nicolas Sarkozy "le mélange des genres, entre l'Etat et la religion".
LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?
François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.
Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.
La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?
L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on prépare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?
Quelle est votre conception de la laïcité ?
Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.
Cela vous choque ?
Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».
10:45 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : etat, religion, sarkozy, bayrou |
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20 novembre 2007
La leçon d'économie de Jean Peyrelevade
Entretien réalisé le 29 octobre 2007, au cours duquel, Jean Peyrelevade, homme d'affaires, économiste et proche de François Bayrou, nous livre son analyse de la politique économique de Nicolas Sarkozy. Consommation, déficit commercial, dette publique, capitalisme financier, versus initiative de l'entrepreneur. C'est tout simplement passionnant.
19:25 Écrit par MoDem Issy-les-Moulineaux dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, sarkozy, capitalisme, entrepreneur |
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